Le ministère de la Défense a confirmé que BAE Systems construira simultanément les frégates Type 26 pour la Royal Navy britannique et la Marine norvégienne sur la Clyde, suite à la décision de la Norvège d’adopter ce design.
Lord West of Spithead, membre de la Chambre des Lords, avait interrogé sur la mise en place de deux chaînes de fabrication distinctes afin de respecter les calendriers de livraison pour les deux marines.
Le 16 septembre, le ministre de la Défense, Lord Coaker, a répondu : « L’annonce récente du gouvernement norvégien de choisir le Royaume-Uni comme partenaire stratégique pour l’acquisition des navires de guerre Type 26 devrait générer un impact économique de 10 milliards de livres pour le Royaume-Uni et soutenir plus de 400 entreprises britanniques. »
Il a ajouté : « Les frégates Type 26 de la Royal Navy et de la Marine norvégienne seront construites simultanément par BAE Systems sur la Clyde, tirant parti des investissements déjà réalisés, comme dans le Janet Harvey Shipbuilding Hall à Govan. Cette nouvelle halle de construction améliora la performance des plannings et accélérera les livraisons, en réduisant les délais entre les futures mises à l’eau pour le Royaume-Uni et la Norvège. »
La Type 26, également connue sous le nom de frégate de classe City, est destinée à remplacer les frégates Type 23 vieillissantes de la Royal Navy. Son succès à l’export auprès de l’Australie et du Canada avait déjà confirmé ce programme à vocation internationale avant que la Norvège n’en devienne le dernier client. Selon le gouvernement, la construction simultanée bénéficiera des récentes modernisations du chantier naval de Glasgow, conçues pour accroître la capacité et la rapidité de production de plusieurs navires.
Une ambition affirmée pour la production navale britannique
Dans une salle de conférence surplombant le Janet Harvey Hall, sur la Clyde à Glasgow, Sir Simon Lister a récemment exposé une ambition claire pour la production des navires de guerre britanniques : rapidité, précision et efficacité.
Cette nouvelle installation, l’un des plus grands chantiers couverts d’Europe, joue un rôle central dans une transformation visant à livrer les frégates de la Royal Navy plus vite que jamais.
Simon Lister, directeur général de BAE Systems Naval Ships, décrit un avenir où les navires de guerre ne sont pas simplement construits, mais conçus comme « des nœuds dans un réseau de capacités militaires ».
Lors d’un briefing aux médias, il a expliqué : « Le terme que je n’avais jamais vraiment compris lorsque j’étais client de cette organisation était ‘intégrer’. Intégrer des éléments complexes — comme le programme, la technologie — c’est ce que fait BAE Systems. Nous prenons les exigences du client, qui sont très sophistiquées en matière de létalité et de furtivité, et nous les traduisons en métal, en boulons, en système informatique. »
Il a souligné qu’alors que beaucoup associent la construction navale à l’acier, la véritable complexité réside ailleurs : « Les gens se concentrent souvent sur la structure métallique. En réalité, c’est une petite partie de notre travail. C’est l’aspect spectaculaire, mais ce navire embarque en fait un superordinateur. »
Réduire le temps de construction d’un tiers
Dans la nouvelle halle, les constructeurs travaillent à réduire significativement le délai de construction des frégates Type 26. « Nous visons à construire la quatrième Type 26 en 66 mois, » a précisé Lister. « De la première à la quatrième unité, nous voulons améliorer la performance du chantier de 30 %. »
C’est un progrès notable par rapport au premier exemplaire, le HMS Glasgow. « Nous passons de la fabrication d’un prototype — le HMS Glasgow — qui est toujours un lourd défi, à la production en série d’un navire que nous sommes confiants de pouvoir produire chaque année, » a-t-il ajouté.
Selon lui, le fait de construire à l’abri des intempéries a transformé la productivité : « Construire à sec nous permet de retirer un tiers du temps habituel de production. La qualité et l’efficacité sont également améliorées. »
Cette avancée est rendue possible grâce à une modernisation numérique complète du chantier. « Nous avons digitalisé le chantier naval, » explique Lister. Désormais, les ouvriers utilisent des ordinateurs portables renforcés au sol, remplaçant les dessins papiers. « Il ne s’agit pas seulement pour les concepteurs de disposer d’un modèle numérique, mais désormais tous les travailleurs en production y ont accès. »
La modernisation touche aussi la ligne d’assemblage des panneaux, rénovée pour près de 20 millions de livres. Elle produit désormais deux fois plus vite que la ligne manuelle précédente, tout en améliorant la sécurité. « La soudure est une opération intrinsèquement dangereuse, nous avons réduit au maximum l’exposition des opérateurs aux risques. »
BAE Systems prévoit d’atteindre une cadence annuelle dès la production du cinquième exemplaire. « L’objectif est clair : construire un navire de guerre par an, et bien le faire, » résume Lister.
Pour l’instant, la priorité reste la cadence : « La marine souhaite que nous construisions ces navires aussi rapidement que possible. C’est la méthode la plus économique : dans le bon ordre, au rythme maximal que la sécurité permet, tout en maintenant la qualité. »