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Le ministère de la Défense des Pays-Bas a annoncé la sélection du torpille lourde française F21 MK2 pour équiper ses futurs sous-marins de la classe Orka. Initialement, le plan prévoyait l’intégration du torpille américain Mk 48, actuellement en service à bord des sous-marins de la classe Walrus de la Marine royale néerlandaise.

La Marine royale des Pays-Bas avait d’abord envisagé d’acquérir des missiles de croisière et des torpilles d’origine américaine pour armer ses quatre futurs sous-marins Black Sword Barracuda (également appelés classe Orka), commandés au groupe Naval Group en septembre 2024. Toutefois, pour des raisons techniques et probablement politiques, elle a finalement modifié ses choix.

En effet, les Pays-Bas avaient annoncé l’année dernière l’abandon de leur projet d’acquérir la version TTL du missile de croisière UGM-109E Tomahawk, que la société américaine Raytheon ne fabrique plus. La relance de la production aurait engendré des coûts trop élevés.

« La ligne de production spécifique à la version sous-marine du Tomahawk doit être relancée, ce qui entraîne de forts délais et des risques financiers majeurs. Par conséquent, les sous-marins, qu’ils soient actuels [classe Walrus, dont deux restent en service] ou futurs [classe Orka], ne seront pas équipés de ce missile », a expliqué le ministère de la Défense néerlandais, qui a depuis choisi le missile JSM-SL, une version du missile Joint Strike développé par le groupe norvégien Kongsberg, encore en phase de développement.

Concernant les torpilles, la Koninklijke Marine avait prévu d’armer ses quatre nouveaux sous-marins avec des torpilles Mark 48 d’origine américaine. Là encore, un revirement s’est opéré, officialisé par un communiqué succinct du ministère de la Défense des Pays-Bas publié le 3 mars.

Selon ce communiqué, le plan initial consistait à équiper les quatre sous-marins Black Sword Barracuda avec les mêmes torpilles Mk 48 déjà acquises pour les sous-marins de la classe Walrus. Cette solution visait à permettre un remplacement rapide par des torpilles F21 « Artemis », proposées par Naval Group, considérées comme plus performantes et mieux adaptées aux menaces en constante évolution.

Les nouveaux sous-marins devront évoluer dans un environnement extrêmement hostile. Face aux avancées rapides des technologies, la menace représentée par des systèmes ennemis (habités ou non) dotés d’armes anti-torpilles est anticipée. Pour contrer ces risques avec une grande précision, un torpille lourd de dernière génération tel que le F21 MK2 s’avère indispensable, souligne le ministère de la Défense néerlandais.

« Le choix du torpille F21 MK2 reflète une coopération renforcée avec la France. Ce partenaire de l’Union européenne et de l’OTAN utilise le même système d’armes. Le partage de connaissances sur les tactiques d’utilisation contribue à l’efficacité de cet armement », ajoute le ministère.

Pour rappel, le F21 « Artemis », d’un diamètre de 533 mm et long de 6 mètres, est un torpille lourd équipé de deux hélices et d’un système de guidage acoustique lui permettant de détecter et suivre un objectif de façon autonome. Son rayon d’action est de 27 milles nautiques. Relié au sous-marin par un câble en fibre optique, il peut ainsi être guidé vers la cible tout en se déplaçant à une vitesse maximale de 50 nœuds.