Le ministère de la Défense a fixé un calendrier ambitieux pour que le Gas Turbine Research Establishment (GTRE) obtienne la certification du moteur Dry Kaveri d’ici 2026. Cette étape est jugée cruciale pour obtenir l’approbation du Comité de Sécurité du Cabinet (CCS) en faveur du programme de drone de combat autonome Ghatak. Selon des sources proches du dossier, le gouvernement souhaite obtenir l’aval du CCS avant la fin du cycle d’approbation en cours, à condition de démontrer des avancées significatives sur ce moteur indigène.
Des informations révèlent que Larsen & Toubro (L&T) a été désigné partenaire pour le développement et la production (DCPP) du Ghatak UCAV. Si les travaux sur la cellule et les systèmes se déroulent en parallèle, le principal facteur limitant reste le moteur Dry Kaveri. Celui-ci doit encore passer une dernière série d’essais en Russie avant d’être validé pour la poursuite du développement et son intégration finale avec le drone Ghatak.
Le Dry Kaveri, d’une poussée de 49 kN, est envisagé dès le départ comme le moteur de référence, sans recours à une motorisation provisoire ou intermédiaire. Cette décision traduit clairement la volonté du ministère de la Défense d’éviter toute modification de propulsion en cours de programme et d’ancrer le projet autour d’une solution moteur indigène dès ses débuts.
En cas d’approbation du CCS en 2026, le calendrier prévoit un premier prototype pour la fin 2029 ou début 2030, suivi d’un vol inaugural à la fin 2030 ou au début 2031. Le Ghatak devrait être un UCAV furtif de classe 13 tonnes, conçu pour des missions de frappes profondes et à haut risque, avec une forte autonomie et des capacités de survie renforcées comme axes majeurs de conception.
Par ailleurs, le GTRE prévoit une campagne limitée de validation en vol du Dry Kaveri montée sur un avion Tejas de série limitée plus ancienne. Cette opération, purement destinée à la validation moteur, pourrait se dérouler après 2030, une fois que le moteur aura franchi ses dernières étapes de certification. L’avion Tejas concerné servira uniquement de banc d’essai volant pour réduire les risques liés à l’intégration et à l’élargissement du domaine de vol, sans emploi opérationnel.
Cette dynamique du ministère de la Défense traduit une volonté plus large d’aligner la maturité du moteur avec les approbations des plateformes, afin d’éviter que des projets phares comme le Ghatak ne soient retardés par des problèmes de motorisation après la validation du CCS. La certification du Dry Kaveri d’ici 2026 représenterait donc non seulement un jalon technique, mais aussi un levier déterminant pour les ambitions de l’Inde dans l’aviation de combat autonome.