Le député écossais conservateur Stephen Kerr a appelé le gouvernement britannique à enquêter sur une campagne d’influence coordonnée, dévoilée par plusieurs enquêtes dont celle du UK Defence Journal, et liée à l’Iran, visant apparemment à manipuler les discussions en ligne autour de l’indépendance de l’Écosse.
Cette demande fait suite à une série d’analyses menées par des sociétés spécialisées dans l’étude des réseaux sociaux, des chercheurs universitaires et des médias, qui ont identifié des réseaux de comptes non authentiques se faisant passer pour des partisans de l’indépendance écossaise.
Dans une lettre détaillée adressée au ministre de la Sécurité, Dan Jarvis, Stephen Kerr expose les résultats d’études récentes indiquant qu’une part importante des comptes impliqués dans les débats en ligne sur l’indépendance pourrait opérer depuis l’Iran. Il explique que ces comptes semblent conçus pour imiter des militants locaux tout en diffusant des messages anti-Royaume-Uni et, dans certains cas, des propos favorables à l’Iran. Kerr a demandé au ministère de l’Intérieur de préciser quelles mesures seront prises pour évaluer l’ampleur de cette activité et protéger le débat politique contre toute manipulation étrangère.
Il cite notamment le rapport de Cyabra de juillet 2025, qui estime qu’environ 1 300 des 5 083 comptes discutant de l’indépendance écossaise sur la plateforme X présentent des caractéristiques d’inauthenticité. Selon cette étude, ces comptes utilisent fréquemment des photos de profil générées par intelligence artificielle, publient des contenus très similaires et s’amplifient mutuellement, générant ainsi près de 224 millions de vues potentielles.
La lettre de Kerr souligne également une analyse publiée par le UK Defence Journal, qui a suivi un ensemble de comptes supposés reliés au même réseau. Le journal a relevé que, même si ces comptes semblaient faire transiter leur trafic via des serveurs VPN aux Pays-Bas, l’outil de transparence de X indiquait une connexion via une boutique d’applications Android basée en Iran. De plus, l’activité de ces comptes avait cessé lors de la coupure nationale de l’internet en Iran à la mi-juin 2025, pour reprendre ensuite avec un changement notable dans le ton et la fréquence des publications.
La BBC Verify a identifié des schémas semblables, détectant des comptes qui se présentaient comme des utilisateurs pro-indépendance écossais mais étaient affiliés via la boutique d’applications iranienne. Kerr souligne que ce modus operandi correspond à d’anciennes campagnes iraniennes découvertes et supprimées par Meta, notamment en 2022, lorsqu’une centaine de comptes se faisant passer pour des utilisateurs écossais ou anglais avaient été retirés pour diffusion de contenu politique.
Kerr mentionne plusieurs de ces faux profils, souvent décrits comme de jeunes Écossais originaires de Dundee, Glasgow ou Édimbourg, qui se sont révélés être opérés depuis l’Iran. Certains de ces comptes ont été suivis ou contactés par des candidats ou membres élus du SNP, sans toutefois accuser ces derniers d’une quelconque collaboration volontaire avec des activités étrangères.
Il rappelle par ailleurs que le rapport du Comité du renseignement et de la sécurité de juillet 2025 décrit les opérations d’influence iraniennes visant le Royaume-Uni comme persistantes et en expansion.
À la suite de la publication de sa lettre, Stephen Kerr a critiqué avec fermeté l’intention sous-jacente de ce réseau. Il a déclaré : « Il s’agit d’une opération coordonnée menée par un régime étranger hostile pour saper notre démocratie et affaiblir le Royaume-Uni. Le fait que ces comptes louent le guide suprême iranien devrait alerter tout le monde. »
Le député a pointé du doigt certaines figures politiques écossaises ayant interagi avec des comptes associés à différentes enquêtes sur l’activité iranienne. Il a ajouté : « Des membres du SNP promeuvent des comptes dont les intérêts sont contraires à la sécurité de l’Écosse. Ils semblent tellement investis dans la cause de l’indépendance qu’ils soutiennent sans réfléchir tout ce qui arbore un Saltire, même si cela vient d’un régime autoritaire dangereux. »
Stephen Kerr poursuit : « Il est inquiétant pour chaque Écossais que des pays comme l’Iran célèbrent ouvertement le SNP. Ce n’est pas par affection pour l’Écosse, mais parce qu’ils savent que la fragmentation du Royaume-Uni nous rendrait plus faibles, moins sécurisés et bien plus vulnérables à l’échelle internationale. »
Il a également appelé le Premier ministre écossais John Swinney à réagir publiquement : « John Swinney doit condamner publiquement ces acteurs malveillants qui cherchent à affaiblir notre pays. Il devrait demander à ses collègues du SNP de cesser de donner crédit et visibilité à la propagande des régimes étrangers. »
Enfin, Kerr a demandé au ministère de l’Intérieur de préciser ses procédures de collaboration avec le GCHQ et le National Cyber Security Centre pour la détection de réseaux de bots, ainsi que toute stratégie interservices visant à contrer les opérations d’influence étrangères en ligne. Le ministère n’a pas encore répondu à cette sollicitation.