New Delhi, 29 septembre. Le ministre de la Défense indien, Rajnath Singh, a inauguré le 29 septembre la 42e conférence des commandants de la Garde côtière indienne (Indian Coast Guard – ICG) au siège de l’ICG à New Delhi. Il a salué le professionnalisme de cette force maritime, son engagement humanitaire ainsi que son rôle essentiel dans la sécurisation des 7 500 km de côtes et des territoires insulaires de l’Inde.
Cette conférence de trois jours, qui se déroule du 28 au 30 septembre, réunit les plus hauts responsables de la Garde côtière indienne pour débattre des priorités stratégiques, opérationnelles et administratives face à l’évolution des menaces en mer et à l’importance croissante de la région de l’océan Indien.
Un pilier de la sécurité nationale
Selon un communiqué du ministère de la Défense, Rajnath Singh a qualifié la Garde côtière de « pilier vital de la sécurité nationale », soulignant sa transformation, depuis ses débuts modestes, en une force redoutable équipée de 152 navires et 78 aéronefs. Il a rappelé que l’ICG bénéficie de la confiance des citoyens et d’une reconnaissance internationale grâce à son professionnalisme et son engagement humanitaire.
Le ministre a mis en lumière le mandat spécifique de l’ICG, situé à la croisée de la sécurité extérieure et intérieure. Alors que les forces armées sont dédiées aux menaces extérieures et d’autres agences gèrent les questions internes, la Garde côtière intervient sur les deux fronts. Ses patrouilles dans la zone économique exclusive (ZEE) dissuadent les menaces extérieures et luttent contre la pêche illégale, la contrebande, le trafic de drogue et d’armes, la traite des êtres humains, la pollution marine et les activités maritimes irrégulières.
Veille à l’autonomie stratégique
Le ministre a insisté sur la politique gouvernementale visant à renforcer l’autonomie stratégique, rappelant que près de 90 % du budget d’investissement de l’ICG est consacré à des équipements produits localement. La capacité de l’Inde à construire et entretenir ses navires et aéronefs sur son territoire renforce non seulement la sécurité mais aussi le secteur de la construction navale.
Des frontières maritimes complexes
Rajnath Singh a souligné la complexité de la surveillance des frontières maritimes, qu’il a comparées aux frontières terrestres plus statiques. Il a rappelé que « les frontières maritimes sont fluides et imprévisibles », ce qui exige une vigilance constante.
« Un navire de contrebande peut ressembler à un bateau de pêche, un groupe terroriste peut exploiter l’ouverture de la mer — les menaces en mer demandent une alerte permanente », a-t-il averti, insistant sur les difficultés posées par la longue et diversifiée côte indienne ainsi que ses territoires insulaires.
Rôle humanitaire et promotion des femmes
Le ministre a loué l’efficacité de l’ICG dans la gestion des catastrophes, des cyclones aux marées noires en passant par les opérations de sauvetage en mer. Il a également salué les progrès en matière de parité, rappelant que des femmes officiers servent désormais en tant que pilotes, observatrices, opératrices d’aéroglisseurs et dans d’autres postes de première ligne.
Menaces technologiques récentes
Rajnath Singh a reconnu la sophistication croissante des menaces maritimes, évoquant notamment l’usage par les adversaires d’outils comme le brouillage GPS, les drones, les communications cryptées et les réseaux du dark web. Il a souligné la nécessité d’intégrer l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique, les drones et la cyberdéfense dans le cadre sécuritaire de l’ICG.
« La guerre électronique et la cyberdéfense ne sont plus des menaces futures, mais des réalités actuelles », a averti le ministre, appelant la Garde côtière à s’adapter continuellement par le biais de formations avancées et de modernisations d’équipement.
Sécurité régionale et économique
Rajnath Singh a également mis en garde contre les effets déstabilisateurs des troubles dans les pays voisins, en particulier dans le golfe du Bengale, reliant directement la sécurité maritime à la stabilité économique. « Les ports, les routes maritimes et les infrastructures énergétiques sont des « artères vitales de l’économie nationale », a-t-il expliqué, précisant que toute perturbation pourrait avoir des conséquences en chaîne.
Une feuille de route pour 2047
Le ministre a appelé l’ICG à élaborer une vision prospective en insistant sur les thèmes de la préparation, de l’adaptabilité et de la réactivité rapide. Il a rappelé aux commandants que l’objectif de l’Inde, qui souhaite devenir une nation développée d’ici 2047, repose sur la prospérité et la sécurité, et qu’ils doivent porter haut la devise du service « Vayam Rakshamah » (Nous protégeons).
Thématiques abordées à la conférence et bilan opérationnel
La conférence, inaugurée par le directeur général de l’ICG, Paramesh Sivamani, se concentre sur le renforcement de la coordination interarmées, l’amélioration de la connaissance du domaine maritime et l’alignement des capacités futures avec les priorités nationales.
Depuis sa création, la Garde côtière a intercepté 1 638 navires étrangers et près de 13 800 pêcheurs pour des activités illégales dans les eaux indiennes, saisi des stupéfiants d’une valeur de 37 833 crores de roupies et sauvé plus de 14 500 vies lors d’opérations de secours.
Rien qu’en juillet de cette année, elle a mené 76 missions de recherche et sauvetage, à l’issue desquelles 74 vies ont été préservées. Sa capacité opérationnelle a également été mise en évidence lors d’incidents majeurs tels que l’incendie du MV Wan Hai 503 et le naufrage du MV MSC ELSA-3 au large des côtes du Kerala.
Des hauts responsables, dont le secrétaire à la Défense Rajesh Kumar Singh et le secrétaire à la Production de Défense Sanjeev Kumar, ont assisté à la session inaugurale.