Le Royaume-Uni doit maintenir le déploiement de ses forces navales à l’échelle mondiale, y compris dans la région Indo-Pacifique, afin de soutenir ses alliés et garantir la liberté des routes commerciales, a déclaré Lord Coaker, ministre d’État au ministère de la Défense, à la Chambre des Lords. Cette prise de position répond à des interrogations quant à la pertinence de concentrer les efforts gouvernementaux plus près du territoire national.
Ce débat s’est tenu dans le cadre d’un échange au sein de la Chambre des Lords, après l’annonce de commandes supplémentaires d’avions F-35A et F-35B.
Lord Wallace de Saltaire a remis en question la priorité accordée à des déploiements tels que la récente visite du HMS Prince of Wales à Singapour, estimant que « la Revue stratégique de défense et de sécurité (SDR) et la stratégie nationale de sécurité mettent l’accent sur les menaces qui nous concernent localement et régionalement… la mer du Nord, l’Europe de l’Est, la Baltique et cette zone géographique qui est la plus proche de nos vulnérabilités. »
En réponse, Lord Coaker a rejeté toute idée de rééquilibrage de la posture britannique en faveur d’une focalisation éloignée de l’Indo-Pacifique : « Nous devons, avec nos alliés, garantir la sécurité dans toutes les régions du monde, que ce soit la mer du Nord, la Méditerranée ou l’Indo-Pacifique. » Il a souligné les menaces présentes dans la mer Rouge et l’océan Indien, notamment de la part des forces houthies, comme autant de raisons justifiant une présence avancée.
« Nous devons saluer le fait que nous avons des personnes animées par un sens du devoir qui les conduit à risquer leur vie pour assurer que le commerce, les communications et tous les éléments dont nous dépendons puissent circuler, » a-t-il ajouté.
Défendant l’engagement mondial britannique, Lord Coaker a rappelé que les déploiements dans l’Indo-Pacifique sont bien accueillis par des partenaires régionaux tels que le Japon, Singapour, l’Australie et la Malaisie : « Tous ces pays nous demandent d’y être présents parce qu’ils reconnaissent l’importance de garantir l’ouverture des routes commerciales mondiales — c’est le commerce et la prospérité sur lesquels reposent notre nation et celles du monde entier. »
Le débat a également porté sur le rôle du Royaume-Uni dans le programme F-35. Lord Beamish s’est félicité de l’acquisition des F-35A et a insisté sur la nécessité de préserver la participation industrielle britannique : « Environ 15 % de la production de chaque F-35A est réalisée au Royaume-Uni. » Il a mis en garde contre toute proposition visant à limiter cette implication, estimant qu’une telle démarche nuirait à l’économie et au rayonnement international britannique.
Lord Coaker a approuvé ces propos, soulignant : « Bien sûr, nos exportations sont également très importantes. » Il a conclu en exprimant son soutien à la décision de la Haute Cour britannique dans l’affaire al-Haq, la qualifiant de « vraiment importante pour notre pays. »