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Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a déclaré mardi soir qu’un accord était sur le point d’être conclu avec l’Afghanistan, mais que les négociateurs afghans sont revenus en arrière sous l’impulsion de Kaboul lors des récents pourparlers tenus en Turquie. Il a également attribué à l’Inde la responsabilité de l’échec des discussions, qualifiant Kaboul de « outil de New Delhi ».

Lors d’une interview accordée à Geo News, Khawaja Asif a affirmé que les négociateurs talibans avaient renié l’accord « à quatre ou cinq reprises » après avoir reçu des instructions de Kaboul. « À chaque fois que nous étions proches d’un accord — que ce soit au cours des quatre derniers jours ou de la semaine dernière — dès que les négociateurs faisaient leur rapport à Kaboul, il y avait une intervention, et l’accord était annulé », a-t-il expliqué.

Suite à l’échec des pourparlers, des sources sécuritaires pakistanaises ont souligné que la protection de la population pakistanaise reste une priorité absolue. « Nous continuerons à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger notre peuple de la menace terroriste et assurons que le gouvernement du Pakistan mobilisera toutes les ressources requises pour démanteler les terroristes, leurs sanctuaires, leurs complices et soutiens », ont-elles déclaré.

Les autorités pakistanaises ont confirmé mercredi que les négociations avec les talibans afghans pour lutter contre le terrorisme transfrontalier avaient échoué, affirmant que Kaboul s’était désengagé de ses engagements visant à contrôler les groupes militants.

Ces pourparlers de quatre jours, organisés en Turquie, avaient débuté samedi avec pour objectif de trouver un terrain d’entente entre les délégations pakistanaise et afghane, mais ils se sont conclus sans consensus.

Le ministre pakistanais de l’Information et de la Radiodiffusion, Attaullah Tarar, a confirmé que les discussions avaient échoué à produire un résultat concret. « Ce dialogue n’a donc pas permis d’aboutir à une solution opérationnelle », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.

Il a rappelé que le Pakistan avait longtemps recherché une coopération avec Kaboul pour contrer les militants ciblant son territoire. Selon lui, depuis la prise de pouvoir des talibans, Islamabad s’est constamment engagé avec le régime afghan au sujet du terrorisme transfrontalier récurrent.

Tarar a souligné que le Pakistan avait demandé à plusieurs reprises aux talibans de respecter leurs engagements écrits envers Islamabad et la communauté internationale, notamment dans le cadre de l’accord de Doha. « Cependant, nos efforts soutenus se sont révélés vains en raison du soutien constant du régime taliban afghan aux terroristes anti-pakistanais », a-t-il déploré.

Le ministre a accusé le régime taliban de manquer de responsabilités envers la population afghane et de prospérer grâce à une économie de guerre, « désireux d’entraîner le peuple afghan dans un conflit inutile ».

« Le Pakistan a toujours souhaité, promu et consenti d’immenses sacrifices pour la paix et la prospérité des Afghans », a-t-il assuré, regrettant que malgré de nombreuses sessions de négociation, les talibans soient restés insensibles aux pertes subies par le Pakistan.

Il a ajouté qu’après quatre longues années de lourdes pertes humaines et matérielles, la patience du Pakistan a atteint ses limites.

Le Pakistan avait accepté de participer aux pourparlers à Doha puis à Istanbul, « pour donner une chance à la paix », à la demande des pays frères que sont le Qatar et la Turquie.

Au cours des discussions, Pakistan a présenté des preuves suffisantes et irréfutables des activités terroristes, ce qui avait été reconnu par les talibans et les pays hôtes, mais malheureusement, la partie afghane n’a donné aucune garantie, a précisé Tarar.

« Le camp afghan a constamment évité la question centrale, fuyant le sujet clé qui avait motivé l’ouverture du dialogue. Plutôt que d’assumer ses responsabilités, les talibans ont adopté un jeu de reproches, de déviation et de manœuvres dilatoires », a-t-il déploré.

Il a remercié le Qatar, la Turquie et d’autres nations amies « pour leur soutien et leurs efforts sincères visant à trouver une solution pacifique au problème du terrorisme ».

Le ministre a réaffirmé que la sécurité nationale demeure la priorité du Pakistan. « La sécurité de son peuple est d’une importance primordiale pour le Pakistan », a-t-il conclu.