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Le ministre sud-coréen de la Défense, Ahn Gyu-back, a déclaré mercredi que les détails précis du projet sud-coréen de développement d’un sous-marin à propulsion nucléaire n’ont pas encore été discutés avec les États-Unis, notamment la question de savoir si le bâtiment serait construit dans un chantier naval américain.

Ces déclarations contrastent avec les propos antérieurs du président américain Donald Trump, qui avait annoncé que le sous-marin serait réalisé dans le chantier naval Hanwha Philly à Philadelphie, détenu par l’entreprise sud-coréenne Hanwha Ocean. Toutefois, le ministre sud-coréen a laissé entendre qu’il privilégierait que la construction se fasse en Corée, suggérant ainsi une possible divergence entre les deux pays sur le lieu de fabrication.

Cette prise de position intervient après que Washington ait accordé à Séoul un feu vert sans précédent pour développer des sous-marins nucléaires, suite au sommet tenu la semaine dernière entre le président sud-coréen Lee Jae Myung et Donald Trump lors des rencontres de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC).

« Lors des négociations avec les États-Unis, seuls les principes généraux ont été abordés, sans aucune décision concernant le chantier naval impliqué », a précisé Ahn devant les parlementaires. Interrogé par le député Yu Yong-weon, membre principal de l’opposition du Parti du Pouvoir Populaire, sur la pertinence de construire ce sous-marin en République de Corée, Ahn a répondu : « Je pense que oui, car nous disposons de plus de 30 ans de technologie et de recherche dans ce domaine ».

Le ministre a expliqué que le chantier Hanwha Philly manque actuellement des technologies, de la main-d’œuvre qualifiée et des infrastructures nécessaires à la construction d’un sous-marin nucléaire. « C’est un aspect que les gouvernements des deux nations doivent examiner de près », a-t-il ajouté.

Concernant d’éventuelles difficultés politiques à Washington, notamment la nécessité d’une approbation du Congrès américain, Ahn a exprimé son optimisme : « Puisque Trump soutient avec détermination cette initiative, je ne vois pas de problème majeur pour élaborer le cadre général ».

Ces déclarations traduisent une possible divergence entre Séoul et Washington sur le choix du site pour ériger le premier sous-marin nucléaire sud-coréen.

Le 30 octobre, un jour après le sommet avec Lee Jae Myung, Donald Trump avait publié sur les réseaux sociaux : « La Corée du Sud construira son sous-marin nucléaire dans les chantiers navals de Philadelphie, ici même aux États-Unis. La construction navale dans notre pays connaîtra bientôt un GRAND RETOUR ».

Cette annonce faisait suite à la demande sud-coréenne d’autorisation américaine pour l’approvisionnement en combustible nucléaire destiné au projet. Ce feu vert présidentiel américain représente un tournant, car en vertu d’un accord nucléaire bilatéral, Séoul ne peut enrichir d’uranium ni retraiter de combustible usé à des fins militaires sans le consentement de Washington.

Cependant, à Séoul, subsistent des inquiétudes quant au fait que Washington privilégie davantage la relance de sa propre industrie navale que le soutien aux ambitions militaires sud-coréennes. La question du lieu de construction demeure un point sensible, qui pourrait retarder l’annonce officielle du projet.

Le député Yu Yong-weon a fait valoir que bâtir le sous-marin à Philadelphie, où les infrastructures sont insuffisantes, ne ferait que ralentir le calendrier du programme.

« Il faudrait en réalité entre cinq et dix ans rien que pour installer les infrastructures nécessaires dans ce chantier naval », a-t-il déclaré lors d’une interview radiophonique, précisant avoir visité le site en septembre. Il a également souligné que, « compte tenu des décennies d’investissements et des capacités accumulées, il est logique que la Corée construise ce sous-marin sur son sol. Notre gouvernement doit persuader la partie américaine d’autoriser la construction dans nos chantiers ».

Lee Hyo-jin