La Défense indienne s’apprête à franchir une étape majeure avec le lancement imminent de la production en série limitée du missile air-air au-delà de la portée visuelle Astra MkII. Ce missile, dont la portée atteindrait entre 160 et 200 km, devrait entrer en production industrielle d’ici 2027-2028, offrant ainsi à l’Inde et potentiellement à d’autres forces aériennes une alternative compétitive dans le domaine des missiles longue portée.
Par rapport à son prédécesseur l’Astra MkI, déjà en service dans l’armée de l’air indienne avec une portée d’environ 110 km, l’Astra MkII est équipé d’un moteur-fusée solide à double impulsion et d’une technologie de chercheur avancée. Ces améliorations lui permettent d’engager des cibles à des distances sensiblement plus grandes et à des altitudes plus élevées. Sa portée étendue et sa maniabilité accrue visent à offrir une capacité supérieure de combat au-delà de la portée visuelle, un segment actuellement dominé par des systèmes occidentaux comme l’AIM-120D américain ou le Meteor européen.
Ce qui distingue l’Astra MkII, c’est non seulement ses performances, mais aussi l’intérêt international qu’il suscite, notamment auprès des utilisateurs de la famille de chasseurs Su-30 Flanker. Plusieurs pays équipés de Su-30, dont la Malaisie, le Vietnam et l’Algérie, suivent de près le développement du missile indien. Ces États expriment en effet des doutes croissants quant à la disponibilité des missiles russes longue portée de nouvelle génération, tels que le R-37M ou le K-77M, confrontés à des années de retards de développement et à une disponibilité opérationnelle limitée.
Nombre de ces opérateurs du Su-30 reposent encore largement sur le missile russe R-77, dont la portée maximale ne dépasse pas 80 km dans des conditions optimales, un handicap certain dans les combats aériens modernes où la règle du « premier tir, premier kill » prédomine. La portée accrue de l’Astra MkII et la volonté indienne de coopérer à son intégration en font une option très attractive pour des forces aériennes soucieuses de réduire leur dépendance aux chaînes d’approvisionnement russes et d’éviter les contraintes géopolitiques liées aux armements russes.