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Alors que l’Inde renforce sa supériorité aérienne face à des menaces régionales en pleine évolution, la Defence Research and Development Organisation (DRDO) fait progresser le RudraM-III, un missile hypersonique aéroporté affichant une portée supérieure à 500 km. Actuellement en phase de développement après des essais réussis en juillet, ce système à deux étages promet une probabilité de tir au but impressionnante de 90 % — même face aux intercepteurs lancés par les défenses aériennes ennemies — grâce à ses manœuvres d’évasion sophistiquées et son guidage adaptatif, selon des sources proches du projet.

Le RudraM-III s’appuie sur l’héritage de la famille Rudram, évoluant des missiles supersoniques Rudram-I et II vers une arme hypersonique capable d’atteindre des vitesses supérieures à Mach 5 en phase terminale. Doté d’une ogive de 200 kg et d’une portée opérationnelle de 550 à 600 km lorsqu’il est tiré depuis des plateformes en haute altitude comme le Sukhoi Su-30MKI à environ 11 km, il double la portée de ses prédécesseurs, permettant des frappes en profondeur sans exposer les forces habitées.

Conçu principalement pour la suppression des défenses aériennes ennemies (SEAD) et les frappes au sol de précision, son système de guidage à double chercheur — combinant autodirecteur radar passif et imagerie infrarouge — lui permet d’engager des cibles à haute valeur stratégique telles que radars, bunkers, pistes d’atterrissage et centres de commandement.

Ce qui distingue le RudraM-III comme une véritable révolution, c’est sa résilience face aux contre-mesures. Il faudrait au moins quatre missiles intercepteurs ennemis pour neutraliser un seul RudraM-III en approche, avec un taux de réussite combiné inférieur à 50 %. Cette efficacité provient de sa vitesse hypersonique et de ses tactiques de dissimulation avancées, incluant des corrections de trajectoire en temps réel et des manœuvres aériennes erratiques qui surpassent et déjouent les systèmes de guidage adverses. « Le vol hypersonique réduit intrinsèquement le temps de réaction pour les défenseurs, mais l’agilité du RudraM-III fait de l’évasion un art », a révélé un initié de la DRDO, soulignant sa capacité à détecter et esquiver les menaces entrantes en plein vol, à l’image des versions avancées présentes dans certains arsenaux mondiaux.

La létalité du missile est renforcée par son intégration fluide avec les chasseurs de première ligne. Chaque Su-30MKI peut désormais embarquer jusqu’à quatre RudraM-III en mode « Heavy Strike », une configuration dévoilée par la DRDO plus tôt cette année visant à maximiser l’efficacité du chargement. Cette capacité quadruple permet d’exécuter des missions multiformes lors d’un seul raid : un missile servant de leurre pour saturer et attirer les batteries de défense, un autre muni d’une ogive anti-radation pour neutraliser les radars de guidage, un troisième destiné à créer des cratères sur les pistes afin d’immobiliser les avions ennemis, et un quatrième chargeant les centres de commandement et contrôle. Cette polyvalence condense ce qui requérait auparavant quatre sorties individuelles de BrahMos-A — avec une portée de 300 km et une vitesse supersonique — en une seule mission à fort impact, réduisant les risques opérationnels et les coûts tout en submergeant l’adversaire.

Les récents essais de portage captif et de largage depuis un Su-30MKI modifié, menés par Hindustan Aeronautics Limited (HAL), ont validé la séparation sécurisée, l’intégrité du guidage et la stabilité du système, ouvrant la voie à des tests de tir en conditions réelles prévus pour 2026. Dans le cadre de la politique Atmanirbhar Bharat (Inde autonome), plus de 80 % des composants sont d’origine locale, avec des partenaires industriels comme Adani Defence prêts à lancer la production à grande échelle. L’intérêt de l’Indian Air Force (IAF) pour cette capacité s’inscrit dans les leçons tirées des conflits récents, où les armes à distance de sécurité telles que la famille Rudram ont permis des frappes transfrontalières sans intrusion sur le territoire adverse.