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La Défense indienne franchit une nouvelle étape avec le missile air-sol RudraM-II de la DRDO, qui inaugure une technologie innovante à double chercheur. Cette avancée permet de neutraliser des radars mobiles, même lorsqu’ils sont éteints et en déplacement, offrant ainsi une capacité inédite de détection en milieu de conflits dynamiques.

Le RudraM-II, développé par le Defence Research and Development Laboratory (DRDL) de la DRDO, constitue une évolution majeure dans la famille des missiles anti-radiation indiens Rudram. Doté d’une portée portée de 300 à 350 km, il double presque la portée du Rudram-I (150 km). Ce missile supersonique atteint des vitesses de Mach 5,5 et transporte une charge explosive de 200 kg, optimisée pour détruire avec précision les systèmes de défense aérienne ennemis.

Les essais, démarrés en 2024 avec des avions Su-30MKI modifiés, ont confirmé son intégration fluide avec le radar Bars et les calculateurs de mission de l’appareil. Cette compatibilité ouvre la voie à un déploiement étendu sur d’autres plateformes, dont le Tejas Mk1A, le Jaguar DARIN-III et potentiellement le Rafale.

Une innovation clé : la double tête chercheuse

Le RudraM-II se distingue par son système de détection à double chercheur combinant :

  • un radar passif principal pour localiser les émissions radar actives,
  • un chercheur infrarouge imageur (IIR) secondaire capable de détecter les signatures thermiques.

Cette configuration répond directement aux tactiques ennemies consistant à éteindre les radars dès qu’un missile est détecté, puis à déplacer rapidement la plateforme à l’aide de camions. Le missile, informé de la dernière position connue, lance une recherche classique via le radar passif. En l’absence d’émissions électromagnétiques, il bascule automatiquement en mode infrarouge pour détecter la chaleur produite par le moteur du camion transportant le radar mobile.

« Cette intelligence adaptative fait que le missile ne se contente pas de traquer un signal, mais chasse directement le système lui-même », souligne une source du DRDO. Ce dispositif est primordial pour les missions de Suppression des Défenses Aériennes ennemies (SEAD).

Cette capacité révolutionne les opérations de SEAD en permettant à l’Indian Air Force (IAF) de démanteler les réseaux adverses, sans dépendre exclusivement des émissions en temps réel. Le missile permet aussi bien l’acquisition avant lancement que l’acquisition après lancement, ce qui accroît sa flexibilité face à des cibles fixes, des nœuds de communication, ou des radars mobiles dissimulés, comme les YLC-18A pakistanais.

L’IAF a demandé à la DRDO d’accélérer les essais du RudraM-II ainsi que du RudraM-III, afin d’obtenir une intégration complète et d’élargir les options de frappes en profondeur sans violer les frontières étrangères, une leçon importante renforcée depuis les frappes aériennes de Balakot en 2019.