La Defence Research and Development Organisation (DRDO) accélère le développement de son missile Supersonic TARget (STAR), avec des essais prévus prochainement pour la variante sol-sol. Initialement conçu comme un drone cible supersonique destiné à tester les systèmes de défense aérienne, le STAR évolue en une arme multifonctionnelle, incluant une version air-air spécifiquement développée pour neutraliser les systèmes de contrôle et d’alerte aéroportés (AWACS), des plateformes aériennes stratégiques essentielles aux forces aériennes modernes.
Selon des sources proches du dossier, un travail parallèle est en cours sur la variante lancée depuis les avions de chasse, capable d’atteindre une portée impressionnante de 200 km lorsqu’elle est tirée depuis des appareils tels que le Tejas ou le Su-30MKI. Ce développement positionne le STAR comme un complément redoutable au missile Astra MkIII de la DRDO, un missile au-delà de la portée visuelle (BVR) également propulsé par un statoréacteur, doté d’une portée étendue, contribuant à constituer un arsenal air-air stratifié pour dominer les espaces aériens contestés.
Au cœur des performances avancées du STAR se trouve son moteur ramjet à carburant liquide (LFRJ), un système de propulsion aérien sophistiqué qui utilise l’oxygène atmosphérique pendant le vol pour maintenir des vitesses supersoniques supérieures à Mach 2,5. Contrairement aux moteurs à combustible solide traditionnels, qui emportent leur propre oxydant lourd, le LFRJ réduit considérablement les besoins en carburant interne, allège le poids total et augmente l’endurance. Cela permet de prolonger la durée de vol en zone cible et d’améliorer l’agilité sans compromettre la vitesse ou la précision. Une phase d’accélération initiale est assurée par un propulseur à combustible solide, avant que le ramjet ne prenne le relais pour la phase de croisière, permettant un vol efficace à haute altitude, idéal pour les missions anti-AWACS où les interceptions à longue portée et discrètes sont primordiales.
La variante sol-sol, conçue principalement comme une cible supersonique mimant des menaces telles que les missiles de croisière anti-navires, va bientôt passer par des essais en vol rigoureux afin de valider la précision de sa trajectoire, son profil de vitesse et ses capacités d’évasion des capteurs dans les domaines aérien, terrestre et maritime. Ces tests, désormais en phase finale, s’appuient sur des campagnes antérieures de transport en vol captif et de tirs statiques. Les performances attendues incluent des portées opérationnelles comprises entre 55 et 175 km, avec des temps de vol pouvant atteindre 200 secondes, à des altitudes variant de 100 mètres à 10 kilomètres. Le succès de ces essais améliorera non seulement l’évaluation des systèmes de défense aérienne, mais ouvrira également la voie à l’adaptation militaire air-air, avec un potentiel déploiement dans les escadrons de l’Indian Air Force dès le début des années 2030.