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Le Gas Turbine Research Establishment (GTRE), un laboratoire de premier plan relevant de l’Organisation de Recherche et de Développement pour la Défense (DRDO), a finalisé le développement de son moteur à faible flux d’air indigène, appelé Small Turbo Fan Engine (STFE) « Manik ». Cette avancée ouvre la voie à une production de masse destinée à équiper l’arsenal croissant de missiles de croisière subsoniques de l’Inde. Selon des sources proches, des contrats de fabrication devraient être attribués prochainement, incluant des Entreprises publiques (PSU) comme Hindustan Aeronautics Limited (HAL) ainsi que des sociétés privées, afin d’augmenter la cadence et répondre à une demande militaire estimée à près de 1 000 missiles pour les différentes forces indiennes.

Pour réduire les délais de production, le GTRE évalue activement l’intégration de l’impression 3D pour certains composants critiques du moteur. Ce procédé d’additive manufacturing permettrait d’accélérer l’autonomie technologique dans le domaine de la propulsion.

Cette percée intervient dans un contexte d’intérêt renforcé pour les munitions de croisière indigènes, incarnées par la famille de missiles Nirbhay et le développement des Long Range Land Attack Cruise Missiles (LRLACM). La poussée compacte du Manik, de l’ordre de 400 à 450 kgf, assure une endurance fiable à basse altitude avec une vitesse subsonique pouvant atteindre Mach 0,8. Avec la livraison récente de 15 moteurs par BrahMos Aerospace au DRDO en juin 2025, le terrain est désormais préparé pour un lancement en série, ouvrant potentiellement la voie à des exportations vers des alliés et renforçant la stratégie Atmanirbhar Bharat en aviation de défense.

Le moteur STFE Manik est spécifiquement conçu pour propulser des missiles de croisière subsoniques tels que le Nirbhay et ses futures variantes. Ces systèmes devraient constituer un élément crucial de la dissuasion conventionnelle et des capacités de frappe de précision de l’Inde.

Les Forces armées indiennes ont une demande combinée estimée à près de 1 000 missiles de ce type dans les années à venir, couvrant l’ensemble des branches militaires. Cet objectif ambitieux fait de la montée en capacité de production moteur une priorité stratégique.

Pour y parvenir, le GTRE collabore étroitement avec le ministère de la Défense autour d’un modèle de production à double voie, impliquant à la fois des PSUs établies et des entreprises du secteur privé compétentes. Cette approche hybride vise à garantir une production de bas niveau sécurisée via les PSUs, tout en tirant parti de la flexibilité, de l’innovation et de l’échelle offertes par l’industrie privée. Ce dispositif reflète la politique industrielle de défense indienne, orientée vers la stimulation de la concurrence, l’accélération des livraisons et la réduction de la dépendance aux importations.

Impression 3D pour une production accélérée

Dans un effort technologique majeur, le GTRE examine la possibilité d’utiliser l’impression 3D pour certains composants du moteur. Cette fabrication additive pourrait considérablement réduire les délais de production, atténuer les problèmes liés aux chaînes d’approvisionnement et permettre des cycles d’itération plus rapides pour améliorer les variantes du moteur.

En cas de succès, ce serait l’une des premières applications à grande échelle de la fabrication additive dans la propulsion des missiles indiens, en phase avec les tendances mondiales où l’impression 3D est de plus en plus utilisée pour des pièces critiques telles que les pales de turbine, les carters ou les chambres de combustion.

Le développement abouti et la production programmée du moteur STFE « Manik » représentent une avancée stratégique pour les programmes de missiles indiens. Les versions antérieures du missile Nirbhay dépendaient d’un moteur importé, occasionnant des retards et limitant le potentiel d’exportation.