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Le plus grand navire de guerre japonais, un bâtiment de la classe Izumo, se rendra sur la côte est des États-Unis l’an prochain pour effectuer une série d’essais du chasseur F-35B Lightning II. Cette démarche suit la récente campagne de tests menée par le porte-avions britannique HMS Prince of Wales, démontrant les capacités du même appareil.

Le porte-hélicoptères destroyer de la Force maritime d’autodéfense japonaise (JMSDF) prévoit ainsi de réaliser des essais comparables dans ces eaux dans les 12 prochains mois. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où le HMS Prince of Wales a achevé la troisième phase de ses tests du F-35B sur la côte est des États-Unis.

Les essais DT-3 (Development Test phase 3) à bord du Prince of Wales ont duré quatre semaines et se sont déroulés en parallèle d’opérations impliquant des MV-22 Ospreys du Corps des Marines américain, des hélicoptères CH-53E Super Stallion et AH-1Z Viper, ainsi que des drones logistiques déployés depuis le porte-avions, a indiqué la Royal Navy.

Deux avions F-35B, spécifiquement équipés pour ces tests, ont été pilotés par trois pilotes d’essais des Marines, appuyés par une équipe de 180 spécialistes de la Force intégrée d’essais du F-35 (PAX ITF) de la base aéronavale de Patuxent River. Cette équipe, responsable des essais des variantes maritimes du F-35, est composée de représentants de la marine américaine, des Marines, de la Royal Air Force, de Lockheed Martin, de British Aerospace, de Northrop Grumman et de civils du gouvernement américain.

Ces essais DT-3 font suite aux phases DT-1 et DT-2 menées en 2018 sur le HMS Queen Elizabeth. Entre octobre et début novembre, environ 150 décollages courts (STO), 80 appontages verticaux (VL) et 60 appontages verticaux roulants (SRVL) ont été réalisés, durant lesquels les ingénieurs de PAX ITF ont collecté des données techniques, les ont comparées à leurs modèles et ont mené des analyses initiales, précise un communiqué du Pentagone.

« L’intégration de nos équipes pour réaliser environ 150 tests sur le programme F-35B va potentiellement améliorer la manière dont le Royaume-Uni peut opérer cet avion », a déclaré le lieutenant-commandant Jamie Elliott, chef du département d’ingénierie aéronautique de la Royal Navy. « Les tests SRVL, y compris de nuit et en conditions de lourde charge (bombes), ont généré des données essentielles pour des décisions futures sur les autorisations opérationnelles possibles du F-35B afin de décoller et d’atterrir avec une masse plus élevée, d’opérer en mer agitée et d’augmenter le rythme des sorties aériennes. »

Lors des appontages SRVL, le F-35B atterrit de manière conventionnelle sur le pont, ce qui évite à l’appareil de devoir larguer du carburant ou des munitions non utilisées, contrairement aux atterrissages en vol stationnaire. Ces tests ont également évalué la capacité des F-35B à voler avec une charge maximale de 22 000 livres, notamment avec des bombes inertes Paveway IV guidées laser de 500 et 1 000 livres.

Une délégation de la JMSDF a assisté à plusieurs phases de ces essais, contribuant ainsi à préparer ses propres tests dans la même zone maritime dans l’année à venir. Cette délégation était dirigée par le capitaine Tsuyoshi Sato, responsable du programme spécial de modification de la classe Izumo, et comprenait cinq officiers issus de la JMSDF et de la Force d’autodéfense aérienne japonaise (JASDF).

À ce jour, la JMSDF ne dispose pas d’un corps de chasse embarquée. Les F-35B acquis par le Japon seront très probablement opérés par un escadron de la JASDF. Le pays prévoit de recevoir six F-35B en 2024 dans le cadre d’une commande totale de 42 appareils. Cette même année, un escadron F-35B provisoire sera créé. En octobre 2021, des essais préliminaires avec des F-35B du Corps des Marines ont déjà eu lieu sur le JS Izumo (DDH-183), sans qu’aucune autre phase de tests n’ait été menée depuis.

Le HMS Prince of Wales avait accosté à Mayport, en Floride, le 22 septembre, dans le cadre de son déploiement Westlant 2023. Actuellement stationné à Norfolk, en Virginie, il se prépare à de nouvelles expérimentations impliquant des drones de combat, ainsi qu’à un entraînement conjoint avec les Marines américains.

Parallèlement, en Australie, les nations du partenariat AUKUS ont organisé un exercice baptisé Integrated Battle Problem 23.3 (IBP 23.3) au large de la côte est, portant sur les capacités autonomes de guerre sous-marine. Selon un communiqué du ministère australien de la Défense, la flotte fantôme américaine composée de véhicules de surface sans pilote (USV) – notamment les Ranger, Mariner, Seahawk et Sea Hunter – ainsi que le navire de combat littoral USS Oakland (LCS-24), sont arrivés à Sydney le 24 octobre pour participer à cette activité.

Bien que la présence de la flotte fantôme n’ait pas été explicitement mentionnée dans les détails des exercices IBP 23.3, il est probable que ces USV interviennent dans certains scénarios. Le nouveau navire de soutien sous-marin australien ADV Guidance a accueilli diverses capacités sous-marines pour des essais en mer, tandis que le patrouilleur britannique HMS Tamar (P233) a combiné l’usage de plongeurs et de véhicules sous-marins autonomes pour des opérations de contre-mesures de mines et la protection d’infrastructures critiques. Le chasseur de mines australien HMAS Gascoyne (M85) a également pris part à ces manœuvres.