Les avions de chasse de l’US Air Force basés en Alaska ont été déployés dimanche pour intercepter un avion de reconnaissance russe s’approchant de l’espace aérien alaskien. Selon le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD), il s’agit de la troisième interception en moins d’une semaine, illustrant une montée des incursions russes dans la zone de défense aérienne arctique américaine.
Le 24 août, le NORAD a détecté un Ilyushin IL-20 « Coot », un appareil de reconnaissance datant de la Guerre froide, dans la zone d’identification de défense aérienne de l’Alaska (ADIZ). En réaction, plusieurs avions, dont deux chasseurs F-16, ont été envoyés pour « intercepter et identifier visuellement l’avion russe ».
« L’appareil militaire russe est resté dans l’espace aérien international, sans pénétrer dans l’espace souverain américain ou canadien », a précisé le NORAD dans un communiqué dimanche. « Cette activité russe dans l’ADIZ de l’Alaska est régulière et n’est pas considérée comme une menace. »
Les vols russes dans la zone d’identification de défense aérienne attirent souvent l’attention, mais restent légaux. L’espace aérien souverain américain, tout comme ses eaux territoriales, s’étend à 12 milles nautiques des côtes ; toute intrusion au-delà serait un incident majeur. Ces affrontements se produisent généralement plus loin, environ 150 milles nautiques des côtes, dans l’ADIZ, une zone maintenue par les États-Unis et plusieurs autres pays pour détecter les avions approchant la frontière.
Les incursions russes dans cette région, destinées à provoquer une réaction américaine, sont historiques. Toutefois, tous les vols évoluent légalement dans l’espace aérien international.
Il s’agit de la troisième interception en cinq jours. Des avions IL-20 avaient déjà été repérés dans l’ADIZ de l’Alaska les 20 et 21 août. Le NORAD n’a pas précisé s’il s’agissait du même appareil à chaque fois.
À chaque intervention, le NORAD a mobilisé des avions américains, incluant deux chasseurs F-16 et au moins un ravitailleur KC-135. Lors des interceptions des 21 et 24 août, un avion de surveillance et de commandement aéroporté E-3 Sentry (AWACS) a également été déployé. Le dernier événement a aussi vu un second KC-135 entrer en action.
Le NORAD assure la surveillance de l’ADIZ de l’Alaska via un réseau intégré de radars terrestres et aéroportés.
Ces interceptions ont débuté cinq jours après la visite du président russe Vladimir Poutine en Alaska pour un sommet avec l’ancien président américain Donald Trump, consacré au conflit en Ukraine. Sur place, plusieurs F-35 et un bombardier furtif B-2 Spirit avaient survolé Poutine à la base militaire conjointe Elmendorf-Richardson.
Le NORAD intervient régulièrement pour intercepter des appareils russes dans cette zone. L’été dernier, six chasseurs américains et canadiens avaient été mobilisés face à une formation rare de bombardiers russes et chinois détectée dans l’ADIZ.
Par ailleurs, le commandement américain Indo-Pacifique mène actuellement l’exercice bisannuel Northern Edge avec l’armée canadienne, un vaste entraînement militaire se déroulant en Alaska et dans les eaux internationales adjacentes. Ce manoeuvre regroupe des milliers de soldats, plus de 100 avions et un groupe aéronaval.