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À peine quelques mois après sa mise en service officielle le 25 avril 2025, le destroyer de missiles le plus avancé de la Corée du Nord, le Choe Hyon (numéro 51), a refait surface avec d’importantes modifications touchant notamment son armement et ses systèmes de détection.

Ce bâtiment de 142 mètres a été présenté lors de la cérémonie d’ouverture de l’exposition annuelle « Développement de la Défense 2025 », tenue pour la troisième année consécutive le 5 octobre 2025 à Pyongyang, en commémoration du 80e anniversaire de la fondation du Parti des Travailleurs de Corée. Cet événement a permis à la Corée du Nord de montrer les ajustements et améliorations réalisés sur le destroyer durant les six mois suivant sa mise en service. Cette présentation précède son redéploiement prévu sur la côte Est au début de l’année prochaine.

Le leader nord-coréen Kim Jong-un, accompagné de hauts responsables militaires et du parti ainsi que du personnel naval, s’est rendu à bord du navire amarré au port de Nampho. Le destroyer a également accueilli d’autres participants à la cérémonie, avant qu’une réception organisée par la Commission Militaire Centrale du Parti ne soit donnée en l’honneur des officiers et marins de la Marine de l’Armée Populaire de Corée (EPC).

De nombreuses modifications ont été observées à bord, en particulier sur l’armement et les systèmes électroniques. Fait rare pour un navire nord-coréen, les images officielles ont également révélé des vues intérieures, assez modernes, du destroyer, notamment le centre d’information de combat (CIC), la passerelle, les quartiers d’équipage et d’autres espaces. Ces photos montrent une configuration sophistiquée, avec des consoles multifonctions, de grands écrans tactiles ainsi qu’un aménagement intérieur confortable et soigné, surprenant ainsi les observateurs.

Modifications de l’armement

Les deux systèmes CIWS de type AK-630, reconnaissables à leurs tourelles similaires aux anciens canons AK-230, ont été remplacés par des installations proches du CIWS Type 730 de la marine chinoise PLAN. La version nord-coréenne utilise un canon Gatling à six tubes, contrairement à la configuration à sept tubes de son équivalent chinois, sur lequel elle semble calquée.

Système de lancement vertical (VLS) remanié

Le VLS avant, auparavant équipé de 32 cellules de petit diamètre, affiche désormais 12 cellules plus grandes, identiques à celles situées à l’arrière, portant le total à 24 cellules. Le VLS arrière a lui aussi été repensé : la superstructure qui abritait dix cellules de missiles balistiques de grande taille a été intégrée au massif du navire, supprimant les espaces vides latéraux visibles auparavant. Les grandes cellules ont été remplacées par un lanceur similaire à celui de la proue, probablement une configuration identique de 24 cellules. Au final, le nombre initial de 74 cellules a été réduit à 68, ce qui pourrait indiquer la suppression des compartiments arrière destinés aux drones aériens (UAV).

Les quatre lanceurs quadruples de missiles antichars ont été retirés. Le second système de lancement de leurres sur chaque flanc a été déplacé à l’emplacement du lanceur de missiles antichars sur le pont inférieur, et du matériel de sauvetage a été installé à l’endroit où se trouvaient auparavant les lance-torpilles (DLS). Au moins huit mitrailleuses lourdes KPV de calibre 14,5 mm KPVT ont été posées sur des supports : quatre au centre, deux vers la proue et deux à proximité du VLS arrière.

Évolution des capteurs et radars

Les radars de conduite de tir (FCR), auparavant de forme carrée, ont été remplacés par des unités circulaires rappelant le radar chinois Type 347. Des changements ont également été constatés dans les équipements de guerre électronique, avec la relocalisation de deux capteurs depuis le sommet de la superstructure, qui porte les quatre radars fixes et le radar secondaire, vers des positions latérales sur la structure.

Interrogations stratégiques

Le fait que toutes les armes et systèmes de capteurs du destroyer aient été testés au large de Nampo les 28 et 29 avril rend cette substitution rapide particulièrement intrigante d’un point de vue opérationnel. Cela soulève des questions sur la modularité de l’armement, notamment des VLS, ou sur le fait que la configuration initiale ait servi uniquement à des essais avant d’être remplacée par une version plus avancée. Le destroyer aurait-il réduit son nombre de missiles sol-air pour embarquer davantage de missiles anti-navires ou de croisière ? Ou les missiles sol-air à courte portée ont-ils simplement été remplacés par des modèles plus gros ? Il est intéressant de noter que la maquette dans la cabine du commandant conserve encore la configuration d’avril.

Pour une analyse complète du puissant destroyer de 5 000 tonnes de la classe Choe Hyon, dont trois autres unités sont en construction, il est recommandé de consulter l’étude dédiée à sa mise en service et son armement développé.

Dimitris Mitsopoulos