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Lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a réaffirmé la volonté de son pays d’engager un dialogue « global, complet et axé sur les résultats » avec l’Inde, tout en critiquant la gestion de la situation au Cachemire par New Delhi.

Dans son discours, Sharif a évoqué « l’Opération Sindoor » et affirmé que « sept avions de chasse indiens » auraient été endommagés pendant le conflit de quatre jours survenu en mai. De son côté, l’Air Chief Marshal Amar Preet Singh avait déclaré le mois précédent que l’aviation indienne avait abattu cinq avions de chasse pakistanais ainsi qu’un appareil de grande taille lors de cette opération.

Cette opération, lancée le 7 mai, visait les infrastructures terroristes situées au Pakistan et au Cachemire sous contrôle pakistanais, en représailles à l’attaque terroriste survenue à Pahalgam.

« Le Pakistan croit au règlement pacifique des différends par le dialogue et la diplomatie », a insisté Shehbaz Sharif. « Il s’agit de ma proposition la plus sincère et sérieuse présentée devant cette auguste assemblée des nations. Le Pakistan est prêt pour un dialogue global, complet et orienté vers des résultats avec l’Inde sur l’ensemble des questions en suspens. »

Ce dialogue global, initié en 2003 sous la présidence de Pervez Musharraf, comprenait huit volets englobant toutes les questions litigieuses entre les deux pays. Cependant, il a été interrompu après les attentats de Mumbai en 2008 et n’a jamais été véritablement relancé.

Dans son allocution, le Premier ministre pakistanais a également salué les efforts de l’ancien président américain Donald Trump, qu’il a crédité d’avoir « contribué à éviter une guerre en Asie du Sud ». « En reconnaissance de sa contribution remarquable à la promotion de la paix dans notre région, le Pakistan l’a nommé au prix Nobel de la paix. C’est le moindre que nous puissions faire… Je pense qu’il est véritablement un homme de paix. »

New Delhi maintient quant à elle que le cessez-le-feu a été convenu à la suite de discussions directes entre les directeurs généraux des opérations militaires des deux armées.

Shehbaz Sharif a effectué une brève visite à Washington le jeudi précédent, où il a rencontré Donald Trump à la Maison-Blanche, accompagné du maréchal Asim Munir. Le Premier ministre pakistanais a qualifié Trump d’« homme de paix » et salué son leadership « courageux et décisif » dans la facilitation du cessez-le-feu entre les deux pays.

Le dirigeant pakistanais a également dénoncé la décision de l’Inde de suspendre le Traité des eaux de l’Indus à la suite de l’attaque terroriste à Pahalgam. Selon lui, « toute violation de ce traité représente un acte de guerre ».

Comme chaque année, le Premier ministre a évoqué la question du Cachemire, rappelant que le peuple pakistanais se tient aux côtés du peuple cachemiri et que « le Cachemire obtiendra son droit fondamental à l’autodétermination via un plébiscite impartial sous l’égide » de l’Organisation des Nations unies.

Par ailleurs, Sharif a condamné le terrorisme sous toutes ses formes, soulignant que le Pakistan est confronté à un « terrorisme soutenu de l’extérieur », notamment par des groupes « financés de l’étranger », tels que le Tehreek-e-Taliban Pakistan, l’Armée de libération du Baloutchistan et sa brigade Majid.

Il a également insisté sur le fait qu’« il ne doit y avoir aucun espace pour les discours de haine, la discrimination ou la violence à l’égard de toute personne ou religion ».

Enfin, concernant Gaza, Sharif a qualifié la situation du peuple palestinien de « l’une des tragédies les plus poignantes de notre époque ».