Les évaluations post-conflit indépendantes et les analyses d’anciens responsables militaires et spécialistes de la défense jettent une lumière crue sur les performances de la Force aérienne pakistanaise (PAF) lors de la récente confrontation aérienne entre l’Inde et le Pakistan. Un constat majeur se dégage : l’Inde a conservé la liberté opérationnelle de menacer ou toucher la plupart des grandes bases aériennes pakistanaises à l’est, tandis que la PAF n’a pas réussi à infliger des dégâts vérifiables aux installations de l’armée de l’air indienne.
Au cours du conflit, la PAF a publiquement affirmé avoir frappé un grand nombre de bases de l’Indian Air Force (IAF) – à un moment donné, un ancien chef d’état-major pakistanais évoquait même des dizaines de cibles touchées. Toutefois, ces revendications n’ont jamais été étayées par des preuves solides. Plusieurs analystes indépendants, y compris des experts pakistanais à l’étranger, ont reconnu l’absence de preuves satellitaires, de dommages structurels ou d’images montrant un impact militaire sur les installations indiennes. De son côté, l’IAF a rapidement diffusé des images satellitaires, des analyses de cratères et des preuves visuelles confirmant les résultats de ses frappes.
La tentative la plus significative de la PAF pour contrer la domination indienne en matière de défense aérienne s’est déroulée tard dans la confrontation. Des avions de combat JF-17 pakistanais ont lancé des missiles air-sol CM-400AKG d’origine chinoise, dans l’objectif de localiser puis de cibler un système S-400 déployé par l’Inde.
Selon d’anciens responsables de la PAF ayant pris la parole après le conflit, cette mission était en réalité une opération sans retour, conçue comme un appât pour provoquer la détection et la localisation du système S-400. Cette tentative a échoué : la batterie S-400 a été repositionnée, et les missiles, dépourvus de capteurs terminaux, n’ont pas pu atteindre une précision suffisante. Un des ogives a même été récupéré intact, ce qui soulève davantage de questions quant à l’efficacité opérationnelle du missile sur le champ de bataille.
Malgré les affirmations initiales pakistanaises annonçant la destruction de deux systèmes S-400, comprenant un élément radar, les observateurs internationaux et les analystes militaires ont rapidement rejeté ces déclarations faute d’éléments corroborants ou de preuves d’impact.
La critique la plus récurrente à l’encontre de la PAF concerne la gestion de la menace S-400. Lors de la phase finale du conflit, beaucoup estiment que les pilotes pakistanais ont évité les missions offensives transfrontalières, intimidés par l’envergure de la couverture de ce système de défense antimissile. Pendant plusieurs jours, les avions de combat pakistanais ont largement évité les zones avancées d’opérations, redoutant des pertes potentielles.
Ces enseignements opérationnels ont conduit à des débats internes au sein de la PAF, notamment sur la formation et la préparation à des missions « sans retour », cas de figure envisagé en cas de nouveau conflit. Bien que ces discussions n’aient pas été officiellement confirmées, de nombreux experts en défense au Pakistan et à l’étranger évoquent désormais une attention renforcée portée aux opérations de frappes profondes, même dans des situations à faible taux de survie.
Pour la Force aérienne pakistanaise, ce conflit représente selon plusieurs de ses propres observateurs un des épisodes de réputation les plus difficiles depuis 1971. Les tentatives de revendications multiples de tirs abattus en combat aérien et de dommages importants sur les positions de l’IAF ont rencontré peu de validation internationale, tandis que l’Inde a conservé l’avantage stratégique en produisant une documentation visuelle, des analyses de frappes et des preuves concrètes sur le terrain.
Plus largement, cette confrontation a ravivé le débat au sein des professionnels de la défense sur la capacité du Pakistan à se préparer à une guerre aérienne de haute intensité, sur les limites de son parc de missiles, et sur l’impact du réseau modernisé de défense aérienne indien sur les futurs scénarios de conflit.