Le constructeur suisse Pilatus vient de rejoindre la compétition lancée par le Royaume-Uni pour remplacer les avions Hawk utilisés par la Royal Air Force (RAF) et la Royal Navy. Si sa candidature est retenue, ce nouvel appareil pourrait également servir de complément à un avion de combat.

La secrétaire d’État britannique à la Défense, Maria Eagle, a officiellement annoncé au Parlement l’ouverture d’un appel d’offres visant à remplacer les avions d’entraînement BAE Hawk, un appareil d’origine britannique également employé par la célèbre patrouille acrobatique des Red Arrows.

Cette décision s’inscrit dans la Revue stratégique de défense du Royaume-Uni, publiée début juin, qui recommande l’acquisition d’un « avion d’entraînement rapide et économique » en remplacement du Hawk. Parallèlement, une réflexion est menée pour définir la future plateforme dédiée à la patrouille acrobatique de la RAF, avec la constitution d’une équipe spécifique responsable de ce programme.

Londres envisage également la possibilité d’une version maritime adaptée aux porte-avions de la classe Queen Elizabeth, avec des caractéristiques compatibles avec l’utilisation de catapultes et de brins d’arrêt, bien qu’aucune décision ferme n’ait encore été prise à ce sujet.

Peu d’informations ont filtré concernant le cahier des charges, mais la candidature de Pilatus, spécialisée dans les avions turbopropulseurs, indique que différentes options sont à l’étude, incluant des avions à réaction, des turbopropulseurs, voire une solution hybride. Il sera intéressant d’observer si d’autres concurrents proposant des moteurs turbopropulseurs se manifestent également.

La réponse de Pilatus

Dans son communiqué, le constructeur suisse présente sa solution comme un appareil fiable, avancé et économique, conçu pour former efficacement les pilotes de chasse de la RAF et de la Royal Navy, leur permettant d’accéder directement aux avions de combat de première ligne.

En collaboration avec Lockheed Martin, Pilatus adapte les capacités de son PC-21 pour préparer les pilotes aux exigences des chasseurs rapides de cinquième génération, tels que le F-35. Le fabricant s’engage également à travailler avec l’industrie britannique pour la production, l’assemblage et le soutien technique de l’appareil.

Grâce à des performances remarquables, un coût de cycle de vie réduit et une disponibilité élevée, le PC-21 pourrait répondre à de nombreux critères du cahier des charges britannique. L’appareil n’est pas inconnu au Royaume-Uni, puisqu’il est déjà utilisé par l’Empire Test Pilots’ School (ETPS), l’école britannique dédiée à la formation des pilotes et ingénieurs d’essais en vol.

Le Pilatus PC-21

Face à la pression croissante pesant sur les budgets des forces aériennes, le PC-21 propose une plateforme intelligente et très performante, parfaitement adaptée à la formation de pilotes destinés aux avions à réaction. L’appareil allie un équipement sophistiqué à des capacités habituellement réservées aux jets d’entraînement, tout en conservant un faible coût opérationnel.

Ce monomoteur turbopropulseur consomme nettement moins de carburant qu’un avion d’entraînement à réaction, et les retours des utilisateurs actuels montrent que le système d’entraînement Pilatus permet de réduire les coûts de formation de plus de 50 %.

Équipé d’un cockpit résistant aux collisions avec les oiseaux, d’une cabine pressurisée dotée d’un générateur d’oxygène intégré, de deux sièges éjectables zéro-zéro, d’un système anti-G et d’un système HOTAS (contrôles au manche et aux gaz), le PC-21 offre un environnement sécurisant et réaliste. Pour reproduire les sensations d’un avion à réaction, ses commandes de vol compensent automatiquement le couple du moteur, quel que soit l’altitude ou la vitesse.

La conception intégrée de la cabine vise à offrir un environnement opérationnel proche de celui des chasseurs de dernière génération. Ainsi, dès leur formation initiale, les pilotes sont familiarisés avec une interface cockpit moderne, ce qui facilite leur transition vers des avions de combat avancés.

Le PC-21 répond non seulement aux besoins de la formation basique et avancée des pilotes militaires, mais propose également un entraînement amélioré couvrant la planification de missions, la navigation tactique, la gestion des systèmes de mission, les opérations civiles de vol, la guerre électronique et les opérations air-air ou air-sol, y compris la formation au radar et à l’usage d’armes simulées.

La flexibilité est un autre atout important : l’avionique du PC-21 peut être adaptée aux différentes phases de formation. Plus encore, les cockpits avant et arrière peuvent fonctionner de manière indépendante ou offrir à l’instructeur un accès à des modes de formation et données non accessibles à l’élève.

Le but d’un système de formation aéronautique moderne est de produire des pilotes capables de maîtriser les exigences complexes des aéronefs contemporains, tout en limitant les coûts matériels, de ressources et de temps.

La préparation au sol joue aussi un rôle fondamental. Elle permet d’économiser efforts et erreurs en vol en assurant que les stagiaires connaissent parfaitement à l’avance tous les systèmes avioniques. Le système d’entraînement au sol du PC-21 transpose les apprentissages en contexte aérien pour une meilleure assimilation.

Du point de vue de l’équipement, le PC-21 est doté d’un dispositif HUD (head-up display) ainsi que d’un panneau de contrôle frontal supérieur (UPFC), associés à trois larges écrans LCD à matrice active dernière génération. Deux sont multifonctions, tandis que le troisième est dédié à la navigation tactique. Deux autres écrans plus petits affichent les paramètres moteur et les données de vol. L’ensemble est compatible avec l’usage de lunettes de vision nocturne.

Au cœur du système, un processeur nouvelle génération offre une puissante capacité de calcul, avec accès à des mises à jour régulières. L’avion embarque également un GPS et un système de navigation laser complets.

Le système de planification de missions (MPS) intégré permet de préparer les missions au sol et de les charger directement dans la cabine par modules. Ce système est synchronisé avec le simulateur, permettant la reproduction ou l’importation directe des missions, tandis qu’une carte mémoire enregistre tous les paramètres de vol.

Utilisateurs actuels : Suisse, Singapour, Australie, France, Espagne, Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Jordanie, Empire Test Pilots’ School (Royaume-Uni) et prochainement Canada.