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Dans une déclaration qui a suscité de nombreuses réactions au sein des cercles de défense indiens, le président-directeur général de Hindustan Aeronautics Limited (HAL), le Dr D.K. Sunil, a attribué la responsabilité du premier crash jamais enregistré du chasseur léger indien LCA Tejas Mk-1 à une négligence de maintenance de la part de l’Armée de l’air indienne (IAF), et non à un défaut de conception. L’accident, survenu lors d’exercices sur le terrain à Pokhran au Rajasthan, a mis fin à l’impressionnant bilan sans accident du Tejas. Dans un entretien accordé à NDTV, le Dr Sunil a souligné que la cause de l’incident était liée à un problème d’entretien, notamment sur le moteur General Electric (GE) F404, et non à une faille intrinsèque dans la conception de l’appareil.

Le LCA Mk-1 impliqué, âgé de seulement trois ans et appartenant à la 18e escadre de l’IAF, avait pris part à l’exercice interarmes Bharat Shakti, organisé sur le polygone de tir de Pokhran près de Jaisalmer, le 12 mars 2024, aux côtés d’un autre Tejas. Peu après la démonstration, suivie entre autres par le Premier ministre Narendra Modi, le ministre de la Défense Rajnath Singh et les hauts responsables militaires, l’avion s’est écrasé à proximité d’une zone résidentielle de Jaisalmer, lors d’une mission d’entraînement opérationnel à environ 100 kilomètres du site de l’exercice. Le pilote, un commandant de l’escadre expérimenté, a pu s’éjecter en toute sécurité. Aucun blessé ni dégâts au matériel civil n’ont été signalés, mais cet incident a immédiatement ravivé les inquiétudes quant à la fiabilité du programme indien phare de chasseurs nationaux.

Les premières investigations ont pointé du doigt une panne moteur comme cause principale, avec des rapports faisant état d’une saisie du moteur due à un dysfonctionnement de la pompe à huile. Selon un responsable anonyme cité par idrw.org, « la saisie du moteur semble avoir été provoquée par une défaillance de la pompe à huile ». Cet accident marque un tournant sombre, mettant fin aux 23 années sans incident du Tejas Mk-1 depuis son premier vol en 2001. L’appareil, intégré dans le parc aérien de l’IAF avec une commande initiale de 40 jets Mk-1 pour un montant de 8 802 crores de roupies auprès de HAL, avait bénéficié de la configuration dite Final Operational Clearance (FOC), attestant sa capacité opérationnelle.

Les déclarations récentes du Dr Sunil offrent un éclairage plus précis alors que l’enquête reste en cours. « Il s’agissait d’un problème de maintenance, pas d’un défaut de conception. General Electric nous a imposé des vérifications particulières car certaines zones du moteur sont difficiles d’accès. En dehors de cela, le record de sécurité a été excellent », a-t-il précisé. Cela suggère des manquements dans la réalisation des inspections spécifiques recommandées par GE pour les composants complexes du moteur F404-IN20 équipant le Tejas. Bien que robuste, le moteur requiert une maintenance rigoureuse à cause de la complexité de certaines de ses zones, toute négligence pouvant entraîner des défaillances critiques telles que l’asphyxie en huile ou une saisie moteur.

À ce jour, l’enquête officielle ordonnée par l’IAF demeure inachevée, laissant place à de possibles révélations ultérieures. Immédiatement après l’accident, l’IAF a lancé des contrôles de sécurité sur l’ensemble des 40 appareils Tejas Mk-1 afin d’éviter toute répétition du sinistre. Le chef de l’IAF, le maréchal de l’air V.R. Chaudhari, a appelé à la prudence face aux spéculations médiatiques, en soulignant que l’enquête était toujours en cours. HAL et l’IAF collaborent étroitement, le constructeur s’engageant à soutenir les investigations et à renforcer les protocoles de maintenance.

Les experts rappellent que, bien que le moteur F404 jouisse d’une solide réputation à l’échelle mondiale, son intégration dans le Tejas impose des procédures de maintenance strictes, d’autant plus dans un environnement opérationnel exigeant comme le désert du Rajasthan. Les contrôles particuliers prescrits par GE sont des procédures standards pour ce type d’équipement, mais des lacunes, qu’il s’agisse d’un rythme opérationnel intense ou de contraintes logistiques, pourraient expliquer l’accident. Cet épisode met en lumière la nécessité d’améliorer la formation et les moyens des équipes de maintenance de l’IAF, notamment avec l’accroissement progressif de la flotte indigène.