Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a publié une note détaillant les conditions médicales excluant les candidats du recrutement militaire, notamment les antécédents de troubles paraphiliques – incluant la pédophilie – ainsi que les idées homicidaires. Ce document met également à jour la liste des affections nécessitant une dérogation accordée par un secrétaire de service, telles que l’absence d’un pied, la pose d’un stimulateur cardiaque ou défibrillateur, ou encore un historique de troubles psychotiques comme la schizophrénie.

« Des conditions médicales graves présentent des risques importants sur le champ de bataille et mettent en danger non seulement la mission, mais également la santé et la sécurité de l’individu concerné ainsi que celle de ses camarades, » a écrit Pete Hegseth.

Selon les données fournies par les différents corps d’armée plus tôt cette année, aucune des conditions médiales excluantes mentionnées ne figure parmi les principales raisons pour lesquelles des dérogations ont été récemment accordées. Les demandes de dérogations les plus fréquentes concernent des troubles de la vision ou le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH), qui ne sont pas abordés dans cette nouvelle note.

Au début de l’année, Hegseth avait demandé au sous-secrétaire à la Défense chargé du personnel et de la préparation de revoir les conditions médicales susceptibles de faire l’objet d’une dérogation ou d’entrainer une exclusion définitive. Dans une note datée du 24 avril, il indiquait que certaines affections pouvaient actuellement donner lieu à des dérogations, notamment la schizophrénie, les troubles paraphiliques, l’insuffisance cardiaque congestive ou l’utilisation prolongée d’oxygène.

Aucune information précise n’a été communiquée sur le nombre de ces dérogations. Toutefois, les forces armées ont accordé plus de 52 400 dérogations médicales au cours de l’année fiscale 2024, selon des données issues de l’Armée de Terre, de la Marine, du Corps des Marines et de l’Armée de l’Air.

La nouvelle politique médicale devrait peu affecter la majorité du personnel, les dérogations les plus courantes cette année et l’an dernier ayant été délivrées pour des troubles tels que le TDAH ou l’astigmatisme, un trouble de la vision responsable de la myopie.

En 2024, les trois principales affections pour lesquelles l’Armée de l’Air a accordé des dérogations étaient l’asthme, les dystrophies cornéennes/astigmatisme et l’anxiété. Du côté de l’Armée de Terre, les principales causes concernaient des problèmes de santé mentale (majoritairement le TDAH), des affections orthopédiques, ainsi que des troubles oculaires.

Pour la Marine, les principales dérogations portaient sur l’astigmatisme, le TDAH et les allergies au cours de l’année fiscale 2024 et au début de 2025. Le Corps des Marines a principalement accordé des exemptions pour astigmatisme, TDAH et antécédents d’asthme ou d’hyperréactivité des voies respiratoires après le 13e anniversaire.

Cette nouvelle politique de dérogation médicale s’inscrit dans un engagement de Pete Hegseth à renforcer et à revenir à des standards qu’il estime avoir été « érodés » ces dernières années au profit d’un remplissage des quotas.

« Le Département demeure engagé pour le succès de la mission en veillant à ce que les jeunes Américains qui servent soient physiquement et mentalement aptes à accomplir leurs fonctions dans les conditions les plus difficiles, » a déclaré Sean Parnell, porte-parole principal du Pentagone, dans un communiqué publié mardi.

Les données de la Marine indiquent qu’une proportion plus importante de recrues a débuté la formation de base avec une dérogation médicale en 2025 comparé à 2024. Cette hausse s’explique par la mise en service de MHS Genesis en 2022, un système électronique centralisant les dossiers médicaux des militaires tout au long de leur carrière. Selon Cmdr Stephanie Turo, porte-parole du Commandement du recrutement naval, ce système a parfois signalé des conditions erronées, qui nécessitent néanmoins une dérogation pour être validées.

MHS Genesis a été conçu pour suivre les dossiers médicaux des militaires dès leur enrôlement jusqu’à leur départ ou retraite, intégrant également leurs antécédents médicaux civils, ce qui permet aux centres de recrutement d’obtenir une vue plus complète du passé médical des candidats.

En 2023, près de 37 % des futurs marins, soit 13 148 individus, ont commencé leur formation avec une dérogation médicale. À la mi-mai 2024 – soit un peu plus de la moitié de l’année fiscale écoulée –, plus de 45 %, soit 11 089 individus, disposaient d’une dérogation, selon les données de la Marine.

« Cette augmentation témoigne d’améliorations notables dans la rapidité et l’efficacité du processus d’examen des dérogations médicales, et non d’un assouplissement des standards, » a précisé Cmdr Turo.