Le Pentagone renforce sa présence militaire au Moyen-Orient en déployant des systèmes de défense antimissile additionnels et en repositionnant un groupe d’attaque de porte-avions. Cette initiative, annoncée ce week-end par le secrétaire à la Défense Lloyd Austin, intervient quelques semaines après une série d’attaques terroristes et de frappes contre des positions américaines dans la région.
M. Austin a confirmé l’envoi du groupe de frappe du porte-avions USS Dwight D. Eisenhower dans la région. Ce groupe, qui comprend le porte-avions, son escadre aérienne et trois destroyers, avait initialement été déployé en Méditerranée orientale le 14 octobre. Désormais, le Moyen-Orient comptera deux groupes d’attaque de porte-avions américains, l’autre étant celui de l’USS Gerald R. Ford, toujours positionné en Méditerranée orientale.
Parallèlement, une batterie THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) ainsi que plusieurs bataillons supplémentaires équipés de missiles Patriot seront déployés dans la région. Le nombre précis de ces systèmes ainsi que leurs bases d’affectation n’ont pas été rendus publics.
Le secrétaire à la Défense a également indiqué que des « troupes supplémentaires » avaient reçu l’ordre de se préparer à un déploiement imminent. La semaine précédente, environ 2 000 soldats américains avaient été placés en état de « préparation renforcée », sans avoir encore été déplacés sur le théâtre d’opérations.
Cette montée en puissance est justifiée par les « récentes escalades de l’Iran et de ses forces supplétives au Moyen-Orient », selon les propos de Lloyd Austin. Ces mesures visent à dissuader d’éventuelles agressions, protéger les forces américaines stationnées dans la région et assurer la défense d’Israël.
En effet, depuis plusieurs semaines, les bases américaines en Irak et en Syrie, notamment au Kurdistan irakien, sont la cible de tirs de roquettes et d’attaques de drones. Si ces attaques n’ont pas causé de pertes directes, un entrepreneur civil affilié à l’armée américaine est décédé d’un « épisode cardiaque » lié au stress engendré. Par ailleurs, le destroyer lance-missiles USS Carney a intercepté durant neuf heures une série de drones et de missiles de croisière dans le secteur de la mer Rouge, peu après avoir franchi le canal de Suez. Le Pentagone attribue ces attaques aux rebelles Houthis du Yémen.
Le contexte sécuritaire régional s’est nettement dégradé depuis l’attaque de grande ampleur lancée le 7 octobre par le Hamas contre Israël. En réaction, Israël a mené des frappes aériennes intenses dans la bande de Gaza. Le bilan des violences dépasse désormais 5 700 morts, toutes proportions confondues, en Israël et dans les territoires palestiniens occupés.
Le conflit s’est également étendu au sud du Liban, où des échanges de tirs de roquettes et d’artillerie opposent le Hezbollah à Israël. L’Iran assure son soutien aux groupes armés du Hezbollah et des Houthis, ainsi qu’au Hamas, sans qu’aucune preuve directe n’ait été apportée concernant une implication iranienne dans les attaques du 7 octobre.
Enfin, le secrétaire à la Défense ne ferme pas la porte à de nouvelles actions. Il a précisé qu’il « envisagerait le déploiement de capacités supplémentaires si nécessaire ».