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Le Pentagone a annoncé cette semaine que les commandants de bases militaires bénéficient désormais de pouvoirs renforcés pour répondre directement aux menaces posées par les drones survolant leurs installations.

La Joint Inter-Agency Task Force 401 (JIATF-401), organisme militaire créé l’été dernier pour coordonner les défenses et tactiques anti-drones, a publié son nouveau « Guide pour la protection physique des infrastructures critiques ». Ces mesures, approuvées par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth début décembre, ont été officiellement communiquées fin janvier. Elles visent à simplifier l’identification et la gestion des menaces liées aux drones, en offrant aux commandants de base une autorité élargie et davantage de latitude pour maîtriser l’espace aérien au-dessus de leurs installations.

Ce renforcement intervient peu après un rapport de l’inspecteur général du Département de la Défense qui pointait les lacunes dans les opérations anti-drones au sein des bases militaires. L’enquête, menée dans dix sites ayant connu des intrusions de drones, révélait notamment que plusieurs installations n’étaient pas classées comme « actifs couverts » — une désignation réservée en général aux sites d’opérations spéciales, aux installations nucléaires ou aux lieux sensibles présentant des risques d’explosion. Cette situation limitait leur capacité à réagir face aux drones. Le rapport soulignait également une confusion dans les chaînes de commandement sur les sites bénéficiant d’une telle désignation et un manque de politique claire et normalisée entre les différentes branches des forces armées en matière de défense anti-drones.

Selon les nouvelles directives de la JIATF-401, les commandants ne sont plus limités à la protection du seul périmètre immédiat, mais disposent d’un espace élargi pour défendre leurs bases et prendre des décisions. Le général de brigade Matt Ross, directeur de la task force, a déclaré que les vols de drones non autorisés constituent « une menace de surveillance avant même toute violation du périmètre de la base ». Par conséquent, les commandants sont désormais invités à évaluer la menace dans sa globalité en prenant en compte « la totalité des circonstances ».

« Aujourd’hui, des individus situés à distance, sans intention d’entrer dans une installation, peuvent surveiller ou menacer des sites et événements importants. La sécurité ne se définit plus uniquement à partir de qui accède au site, mais aussi par l’efficacité avec laquelle les menaces extérieures sont neutralisées », précise le communiqué officiel.

Le guide insiste sur plusieurs axes de défense des bases, en identifiant notamment les zones à risque élevé, comme les infrastructures électriques critiques ou les secteurs à forte concentration humaine. Il recommande de renforcer la protection de ces espaces via des périmètres en couches, des zones tampons filtrantes et des patrouilles, en intégrant des barrières physiques comme des filets ou des toitures, ainsi qu’en réduisant la visibilité depuis l’extérieur.

Le général Ross a également indiqué cette semaine que la task force ambitionne d’installer des intercepteurs cinétiques à faible risque collatéral sur chaque site du Département de la Défense aux États-Unis. Ces dispositifs incluent des armements utilisant l’énergie cinétique et des filets pour neutraliser les drones.

Les épisodes de drones survolant les bases militaires constituent un problème croissant aux États-Unis comme à l’international. Depuis deux ans, les signalements de telles présences se sont multipliés, laissant sur leur garde les autorités. Jusqu’à présent, la politique en vigueur interdisait de tirer sur ces engins sans qu’ils ne représentent une menace directe. Fin 2025, plusieurs observations de vagues de drones ont été rapportées à proximité de bases européennes, notamment une station de sous-marins nucléaires française.