Le Pentagone prévoit d’atteindre une production mensuelle de 100 000 obus d’artillerie de 155 mm d’ici 2025, marquant une augmentation spectaculaire pour répondre aux besoins croissants en munitions. Cette accélération s’inscrit dans un contexte de tensions militaires prolongées, notamment en Europe de l’Est.
L’armée américaine a déjà entamé une hausse de sa production d’obus de 155 mm, mais les objectifs viennent d’être relevés de manière significative. En 2025, la production mensuelle devra atteindre 100 000 obus, soit plus d’un million sur l’ensemble de l’année. Pour comparaison, l’objectif pour 2024 se situait entre 80 000 et 85 000 cartouches par mois.
« Nous sommes passés de 14 000 obus par mois il y a six à huit mois à 28 000 actuellement », a déclaré Bill LaPlante, sous-secrétaire à l’acquisition et au maintien en puissance du Pentagone. « Nous viserons 100 000 par mois en 2025 », a-t-il ajouté vendredi.
Cette intensification est directement liée aux exigences du conflit ukrainien, où l’artillerie joue un rôle central. Depuis le début de l’invasion russe, les forces en présence ont consommé des munitions à un rythme exceptionnel, tirant parfois entre 5 000 et 6 000 obus par jour. Avec le passage à une guerre d’usure s’apparentant à un affrontement de tranchées, l’importance de l’artillerie s’est accrue, notamment lors du siège des villes ukrainiennes.
Les États-Unis ont ainsi livré plus de deux millions d’obus de 155 mm à l’Ukraine depuis février 2022, destinés notamment aux obusiers M777 et autres systèmes d’artillerie. L’automne dernier, des craintes ont été émises quant à l’épuisement des stocks américains, mais les responsables comme Douglas Bush, secrétaire adjoint de l’armée chargé des acquisitions, ont assuré que les réserves nationales restaient suffisantes.
La pénurie de munitions affecte également la Russie, qui s’est tournée vers la Corée du Nord pour s’approvisionner en obus, notamment anciens modèles soviétiques. Toutefois, le général Mark Milley, président de l’état-major interarmées américain, estime que ces livraisons ne devraient pas avoir “une énorme influence” sur le déroulement du conflit.
Pour répondre à cette situation, le Pentagone a investi dans de nouvelles lignes de production d’obus de 155 mm. Ces installations, encore en cours de déploiement, devraient permettre d’atteindre les volumes attendus d’ici 2025.
Cette augmentation ne vise pas seulement à reconstituer les stocks américains ; elle permettra aussi de continuer à fournir des munitions aux forces ukrainiennes. Par ailleurs, d’autres acteurs, dont l’Union européenne, travaillent à renforcer leur production avec un objectif similaire d’un million de cartouches par an.