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Le plan accéléré du Pentagone visant à augmenter la production de missiles et de munitions marque une réinitialisation fondamentale de la stratégie de défense américaine, selon une analyse de Bloomberg Intelligence.

Les recherches indiquent que les financements alloués à l’acquisition de missiles pourraient augmenter de plus de 30 % si le Département de la Défense poursuit ses projets visant à doubler la production dans douze programmes essentiels de munitions.

Selon les informations, le Pentagone a donné pour consigne à l’industrie d’atteindre une hausse de 2,5 fois de la production d’ici deux ans, afin de se préparer à un éventuel conflit de haute intensité avec la Chine prévu pour 2027.

Bloomberg Intelligence souligne que cette évolution traduit « une réinitialisation fondamentale de la stratégie américaine en matière de munitions », avec Lockheed Martin, RTX (ex-Raytheon Technologies) et Northrop Grumman comme principaux bénéficiaires, annonçant une « période de croissance pluriannuelle et une possible réévaluation de leur valorisation », selon les analystes.

Par ailleurs, le programme pilote « Section 890 TINA Lite » du Pentagone permettra de simplifier les contrats pour les munitions dépassant 50 millions de dollars, en réduisant les exigences en matière de données sur les coûts et les prix. Ce changement de politique, officialisé en juillet par Peter Guinto, directeur des tarifs, coûts et finances au bureau du Sous-secrétaire à la Défense, vise à accélérer les cycles d’acquisition et à renforcer la capacité industrielle.

Le rapport indique que les États-Unis ne disposeraient actuellement pas de stocks suffisants de munitions critiques pour soutenir un conflit majeur, évoquant des lacunes dans la production de missiles et la résilience des chaînes d’approvisionnement. Il cite notamment les intercepteurs PAC-3 de Lockheed, ainsi que les missiles JASSM, LRASM et PrSM, en plus des missiles SM-6 et Tomahawk de RTX, comme systèmes prioritaires sous la houlette du nouveau Conseil d’accélération des munitions du Pentagone, dirigé par le secrétaire adjoint à la Défense Steve Feinberg.

Bloomberg Intelligence estime que les coûts additionnels liés à cette expansion pourraient atteindre 9 milliards de dollars, venant s’ajouter aux 28,3 milliards de dollars déjà demandés pour le budget 2026 dédié à l’achat de missiles et munitions.

Le secteur missiles et contrôle de tir de Lockheed Martin est identifié comme un grand bénéficiaire, avec une hausse de production projetée pouvant atteindre 50 % d’ici 2027. RTX devrait également profiter de l’augmentation de la production des SM-6 et Tomahawk, tandis que Northrop Grumman bénéficiera d’une demande internationale croissante pour ses missiles à guidage anti-radiations AARGM et l’arme d’attaque rapprochée SiAW.

Des acteurs émergents tels qu’Anduril ainsi que la coentreprise Prometheus Energetics, regroupant Kratos et Rafael, devraient intervenir pour atténuer les goulots d’étranglement liés aux moteurs-fusées solides qui limitent actuellement la production. Bloomberg Intelligence qualifie cette initiative du Pentagone comme un effort global visant à reconstituer les stocks de munitions et à préparer l’industrie américaine à une compétition soutenue avec des puissances de même niveau.