Le porte-avions britannique HMS Queen Elizabeth s’est récemment confronté à un adversaire inhabituel en mer : une cible flottante gonflable surnommée la « tomate tueuse ».

Ce surnom désigne une grande cible gonflable utilisée pour l’entraînement au tir naval. Employée lors des exercices de tir à la surface, la « tomate tueuse » simule des menaces de petites embarcations. Sa forme rouge vif et bulbeuse, ainsi que son mouvement erratique au gré des vagues, lui ont valu ce nom en référence au film culte de 1978 Attack of the Killer Tomatoes.

Les exercices de tir réel avec des cibles gonflables et tractées permettent aux marins de renforcer leur confiance dans leurs armes et d’aiguiser leur jugement sous pression, dans un cadre sécurisé et contrôlé. S’exercer face à des cibles physiques en mer complète ainsi la formation en simulateur et prépare à la pleine capacité opérationnelle.

L’utilisation de telles cibles est courante dans la flotte britannique. Les frégates, destroyers et navires de soutien réalisent régulièrement des entraînements de tir avec les « tomates tueuses » ainsi que d’autres aide-mémoires de tir, comme la cible tractée Hammerhead, des cibles rapides télécommandées ou des barges statiques.

Ces exercices s’inscrivent dans l’engagement de la Royal Navy pour maintenir un haut niveau de préparation. Ils garantissent que les équipages maîtrisent non seulement leurs systèmes d’armes mais peuvent aussi réagir rapidement et précisément dans des scénarios de combat maritime réels.

Dernièrement, le HMS Queen Elizabeth a quitté Portsmouth pour entamer des essais en mer, marquant la transition entre la première et la seconde phase d’un important entretien.

Le porte-avions testera ses nouveaux systèmes de navigation et de propulsion dans les eaux britanniques avant de se diriger vers Rosyth, où il sera placé en cale sèche pour une période de sept mois au chantier naval Babcock. Ces travaux interviennent après neuf mois de formation technique des équipages et d’ingénierie à Portsmouth, dans le cadre de la maintenance à mi-vie du navire, que la Marine compare au contrôle technique d’une automobile.

« Nous avons accompli énormément en 2025, avec en point d’orgue une importante modernisation de notre système de propulsion, parmi un large éventail de projets techniques menés en collaboration avec nos partenaires industriels », a déclaré le capitaine Claire Thompson, commandante du navire.

« Bien que le HMS Queen Elizabeth doive désormais entrer en cale sèche à Rosyth après une courte période d’essais en mer, mon objectif reste de constituer une équipe très compétente capable de reprendre le navire à la sortie de chantier et de le préparer à ses missions en première ligne. »

Les essais en mer seront supervisés par les équipes de la Royal Navy dédiées aux standards opérationnels et à la formation (FOST), qui évalueront notamment la capacité de l’équipage à gérer les urgences telles que le contrôle des dommages, la lutte contre les incendies et les infiltrations d’eau.

La mise en cale sèche permettra d’inspecter et de moderniser des systèmes inaccessibles une fois le navire à flot. Pendant cette période, l’équipage sera réparti entre le navire d’hébergement HMS Caledonia à Fife et des installations à Portsmouth, offrant aux marins l’occasion de collaborer avec des partenaires écossais.

Cette phase de maintenance fait suite à six années d’un rythme opérationnel soutenu, incluant un déploiement mondial en 2021 dans l’Indo-Pacifique et la participation à des exercices de l’OTAN. Ces travaux visent à préparer le porte-avions à ses futures missions en première ligne.