Le prochain chasseur chinois de nouvelle génération devrait adopter une architecture ouverte, une approche favorisant des délais de développement, de production et de livraison plus courts. Cette analyse émane de l’expert militaire chinois Fu Qianshao, dont les propos ont été relayés par le Global Times.
Selon Fu Qianshao, la Chine accusait un retard significatif sur les États-Unis dans la conception de chasseurs de nouvelle génération, mais il estime que ce fossé pourrait désormais être comblé, voire dépassé.
Le développement du nouvel avion de chasse chinois reste largement confidentiel, et il est difficile de confirmer l’existence même du programme. Néanmoins, face aux investissements massifs des États-Unis, de la Russie et de l’Europe dans ce domaine, il est très probable que la Chine mène des efforts comparables. Li Gang, pilote d’essai du Chengdu J-20 Mighty Dragon, a évoqué cette question auprès du diffuseur officiel CCTV en soulignant les progrès constants de la technologie aéronautique chinoise. « La prochaine génération émergera certainement bientôt », a-t-il affirmé.
Actuellement, la plupart des informations sur ce futur chasseur chinois et ses capacités potentielles restent spéculatives, faute de données officielles. Toutefois, Fu Qianshao indique que les concepteurs chinois s’aligneront sur plusieurs tendances mondiales, telles que :
- l’intégration de l’intelligence artificielle ;
- l’emploi de drones « loyal wingman » associés ;
- le développement de moteurs avancés permettant des vitesses accrues ;
- l’amélioration de la conscience situationnelle ;
- le renforcement de capacités furtives ;
- et le rôle accru de nœuds C4ISR (commandement, contrôle, communications, informatique, renseignement, surveillance et reconnaissance).
Concernant son principal appareil de combat actuel, le Chengdu J-20 Mighty Dragon, Li Gang explique que ce chasseur subit des modernisations continues pour intégrer les nouvelles technologies et faire face aux menaces émergentes. Le système de mission du J-20 a ainsi été mis à jour pour rester opérationnellement performant.
Parmi les avancées récentes appliquées au J-20 figurent des améliorations aérodynamiques, l’installation de nouveaux moteurs, ainsi que des progrès dans les domaines de l’avionique, du radar, des logiciels et des matériaux. Fu Qianshao a également critiqué l’absence de mises à jour similaires sur le F-22 Raptor américain, soulignant que ce dernier n’a pas bénéficié depuis plusieurs années d’améliorations significatives en systèmes, aérodynamique, avionique ou furtivité.
Lors de l’exercice conjoints Joint Sword-2024A, simulant une invasion possible de Taïwan, le chasseur furtif chinois J-20 a démontré ses capacités avancées. Selon un communiqué de l’état-major chinois du théâtre Est, relayé sur les réseaux sociaux, le J-20 a affiché une furtivité améliorée, une capacité de croisière supersonique ainsi qu’une conscience situationnelle renforcée. Une vidéo officielle de 55 secondes a été publiée, montrant différents angles dont des vues internes au cockpit, illustrant la portée des manœuvres militaires autour du détroit de Taïwan.
Fin mai, l’Armée de l’Air de l’Armée Populaire de Libération a déployé une nouvelle brigade équipée de chasseurs J-20, la 41e brigade aérienne, basée à la base aérienne de Wuyishan dans la province du Fujian. Six appareils étaient déjà en service en 2023 dans cette unité.
Il s’agit du onzième régiment à être équipé de ce chasseur de cinquième génération, et du troisième à le faire en 2023. Les conversions précédentes concernent notamment la 97e brigade aérienne stationnée à la base de Dazu, près de Chongqing, et la 4e brigade aérienne basée à Foshan, près de Shenzhen.
Avant cette transition, la brigade de Wuyishan exploitait des J-11 de quatrième génération, eux-mêmes en service depuis 2008 et remplaçant des J-7 plus anciens. Le J-11 est un chasseur de supériorité aérienne bimoteur de classe lourde, tout comme le J-20, qui se positionne ainsi comme son successeur direct dans la flotte chinoise.
La base de Wuyishan est particulièrement stratégique du fait de sa proximité avec le détroit de Taïwan, un point chaud géopolitique issu de la guerre civile chinoise non résolue. Le gouvernement de la République de Chine, basé à Taipei, continue de revendiquer sa souveraineté sur le territoire chinois. Une montée en cadence significative de la production de J-20 a eu lieu fin 2021, avec une accélération des livraisons en 2022, accompagnée d’améliorations constantes de la cellule et de l’électronique embarquée.