Article de 528 mots ⏱️ 3 min de lecture

Le ministère de la Défense britannique prévoit de livrer cette année les premiers éléments de son programme Réseau Numérique de Ciblage, présenté non pas comme une plateforme unique, mais comme un écosystème évolutif.

Dans une réponse écrite au Parlement publiée le 5 février, le ministre de la Défense Luke Pollard a répondu au député conservateur Ben Obese-Jecty, qui s’enquérait du calendrier fixé pour la mise en service d’un produit minimum viable du Réseau Numérique de Ciblage.

Luke Pollard a déclaré : « Le ministère vise à livrer les premiers éléments du Réseau Numérique de Ciblage, ou un ‘Produit Minimum Viable’, en 2026. Les plans seront continuellement révisés afin de répondre aux menaces émergentes et ajustés si nécessaire. » Il a souligné que ce programme ne devait pas être considéré comme un projet classique avec des étapes fixes, précisant : « Le Réseau Numérique de Ciblage n’est pas un système ou une plateforme unique et distincte, mais plutôt un écosystème interconnecté de systèmes, processus et capacités visant à renforcer l’efficacité du ciblage britannique. »

Le développement sera « un processus continu et itératif » pour garantir que le Royaume-Uni reste compétitif dans un environnement opérationnel en rapide évolution.

Le Réseau Numérique de Ciblage a été annoncé pour la première fois dans la Revue stratégique de la Défense. Il vise à relier capteurs, décideurs et effecteurs au sein d’un système de systèmes conçu pour améliorer la prise de décision sur le champ de bataille. Le programme s’appuiera sur une architecture C4ISTAR (commandement, contrôle, communications, informatique, renseignement, surveillance, ciblage et reconnaissance) à l’échelle de la défense et s’intègre dans les initiatives numériques plus larges des différentes forces armées.

Lors du salon DSEI UK 2025, le contre-amiral Paul Stroude, directeur des capacités au Commandement des opérations cyber et spécialisées, avait expliqué que le Réseau Numérique de Ciblage devait s’étendre à l’ensemble du ministère de la Défense, en mettant l’accent sur des priorités telles que « la sécurité centrée sur les données, les architectures zero trust et les passerelles de données », permettant un flux d’informations « à vitesse machine, sécurisé et sans interruption entre les différents niveaux de classification ». Il avait ajouté que les premières priorités du produit minimum viable incluraient des plateformes de déploiement telles qu’OpNET, ainsi que l’intégration avec des initiatives de commandement en première ligne, notamment Nexus de la Royal Air Force et Strike Net de la Royal Navy.

Le Defence Science and Technology Laboratory (DSTL) a aussi souligné son soutien au programme, notamment à travers des expérimentations en renseignement réactif, des outils de commandement et contrôle assistés par intelligence artificielle, et le développement de standards d’interopérabilité tels que SAPIENT, publié en 2023 comme norme par le British Standards Institute.