Article de 454 mots ⏱️ 3 min de lecture

Le développement du chasseur de nouvelle génération indien, l’Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA), connaît une vive polémique alors que Hindustan Aeronautics Limited (HAL) et plusieurs entreprises privées s’opposent vivement sur les modalités de sélection des partenaires industriels.

L’Aeronautical Development Agency (ADA), organisme principal en charge du programme AMCA, avait lancé un appel à manifestation d’intérêt pour identifier les partenaires susceptibles de participer à la production des prototypes et aux commandes en série futures. Si cet appel concernait à la fois HAL et le secteur privé, HAL s’est officiellement opposé aux critères définis par l’ADA, dénonçant une partialité qui favoriserait les acteurs privés.

HAL, fort de plusieurs décennies d’expérience dans la conception et la maintenance de chasseurs comme le Light Combat Aircraft (LCA) Tejas, dispose d’un vaste écosystème aéronautique et d’infrastructures prêtes à être mobilisées. Selon des sources proches du dossier, HAL estime que ses installations éprouvées et son savoir-faire devraient naturellement lui conférer un avantage par rapport à des entreprises privées qui devront bâtir leurs capacités depuis zéro.

En revanche, les sociétés privées expriment un tout autre point de vue. Elles ont alerté le ministère de la Défense sur leur position désavantageuse face à HAL, dont la taille, les infrastructures et les carnet de commandes sont sans commune mesure. Beaucoup estiment que le processus de sélection actuel ne garantit pas l’équité en favorisant implicitement HAL.

Le principal sujet de désaccord concerne le système d’évaluation par points. Le secteur privé revendique une flexibilité dans les critères d’éligibilité afin d’inclure des entreprises moins expérimentées, mais potentiellement innovantes et performantes. Sans ajustement, seule HAL pourrait répondre aux exigences, rendant la compétition inexistante.

Le gouvernement, désireux de promouvoir un écosystème aéronautique équilibré, se trouve face à un choix complexe. D’un côté, l’expertise éprouvée de HAL en fait un partenaire naturel pour le programme AMCA. De l’autre, favoriser l’implication du secteur privé est crucial pour diversifier la base industrielle de défense indienne, réduire la dépendance à un acteur public unique et stimuler la concurrence.

Avec un carnet de commandes actuel dépassant les 2 000 milliards de roupies, incluant d’importantes livraisons de Tejas et d’hélicoptères, certains critiques estiment que confier l’AMCA exclusivement à HAL risquerait d’accroître la pression sur ses capacités. L’intégration accrue des entreprises privées pourrait ainsi répartir les risques et accélérer les délais de développement.