Article de 519 mots ⏱️ 3 min de lecture

Le calendrier pour la mise en service du nouveau chasseur dans le cadre du Programme Aérien de Combat Global (GCAP) reste fixé à 2035, même en cas d’arrivée d’un nouveau pays partenaire, a affirmé lundi le directeur général de la coentreprise en charge de la conception de l’appareil.

Suite à l’échec en juin du programme concurrent franco-allemand de chasseurs, les spéculations s’intensifient sur la possibilité pour le trio britannique, italien et japonais d’accueillir un nouvel acteur. Cette incertitude pèse sur les alliances de défense européennes et suscite des craintes quant à d’éventuels retards supplémentaires.

Le Canada s’est récemment entendu pour devenir observateur du programme, selon une source, avec une annonce officielle attendue mardi. Cette première étape n’implique aucun engagement financier immédiat.

Marco Zoff, directeur général de la coentreprise Edgewing responsable du GCAP, a indiqué aux journalistes présents au Salon aéronautique de Farnborough que le calendrier ne serait pas impacté par l’arrivée d’un nouveau partenaire.

« Il existe une forte pression et des directives claires de la part de nos trois gouvernements pour respecter strictement les délais et assurer la livraison, je suis convaincu que nous saurons nous adapter sans compromettre la date finale », a-t-il déclaré.

Face à l’expansion militaire chinoise perçue comme une menace pour la sécurité régionale, le Japon tient particulièrement à maintenir l’objectif de 2035, année à laquelle ses chasseurs F-2 doivent commencer à être retirés du service.

Lors d’une intervention à Farnborough, le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, a souligné l’importance des alliances stratégiques sans toutefois commenter directement le calendrier du programme.

Bilan positif pour la coentreprise

Edgewing, la coentreprise développant le GCAP, un chasseur furtif de sixième génération, est détenue conjointement par BAE Systems, Leonardo et Japan Aircraft Industrial Enhancement. Début juillet, elle a obtenu un contrat d’une valeur de 4,6 milliards de livres sterling (6,19 milliards de dollars) financé par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon.

Le ministre italien de la Défense avait évoqué en juin l’opportunité d’accueillir un nouveau partenaire pour partager les coûts. Leonardo a notamment cité l’Allemagne comme un candidat particulièrement pertinent, compte tenu de son expertise. L’Arabie Saoudite a également examiné le programme GCAP.

Le Canada, qui souhaite diversifier ses dépenses de défense pour réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis, pourrait intensifier sa coopération dans le cadre du GCAP s’il rejoint officiellement le programme.

Marco Zoff a décrit tout nouveau partenaire comme « un bénéfice net » pour le projet.

« Nous avançons essentiellement plus rapidement que les standards habituels de l’industrie de défense », a-t-il précisé, ajoutant que le travail est actuellement centré sur la finalisation de la phase d’évaluation du concept attendue pour la fin de l’année 2027. Parallèlement, les discussions se poursuivent sur les infrastructures nécessaires à l’assemblage de l’avion dans les trois pays partenaires.