Depuis la création des Nations unies, l’Inde occupe une place majeure au sein de cette organisation internationale. Membre fondateur, elle joue un rôle divers et essentiel, participant activement aux instances de l’ONU, contribuant significativement aux opérations de maintien de la paix et défendant les intérêts des pays en développement.
Bangalore/New York. L’Inde a été un acteur clé dès l’origine des Nations unies. En 1945, lors de la signature de la Charte des Nations unies, alors encore sous domination britannique, les représentants indiens ont pris part activement aux fondations de l’organisation.
Après avoir obtenu son indépendance en 1947, l’Inde s’est affirmée comme une puissance influente sur la scène onusienne, portée par une vision propre et une posture morale forte.
Son engagement dépasse la seule sphère politique ou diplomatique pour s’étendre aux domaines de la paix mondiale, de la sécurité, du développement économique, de la protection de l’environnement et des droits de l’homme. La politique de non-alignement, pilier de sa diplomatie étrangère, a établi l’Inde comme une voix indépendante et neutre au sein de l’ONU.
La participation de l’Inde aux Nations unies s’est révélée déterminante dès la création de l’organisation. En octobre 1945, lors de la signature de la Charte, les représentants indiens ont pris une part cruciale dans la définition des principes et objectifs fondamentaux des Nations unies.
À cette époque, le mouvement pour l’indépendance indienne battait son plein et la vision de ses dirigeants, axée sur la paix et la coopération internationale, s’alignait étroitement avec les idéaux de l’ONU.
Après l’indépendance, en adoptant la politique de non-alignement, l’Inde s’est positionnée comme un acteur neutre entre les blocs occidental et oriental durant la Guerre froide.
Cette approche lui a permis d’exprimer des opinions autonomes sur les grandes questions mondiales, notamment en dénonçant fermement le colonialisme et en soutenant activement les mouvements d’indépendance en Afrique et en Asie sur la scène onusienne.
Les protestations indiennes contre l’apartheid en Afrique du Sud ainsi que son positionnement sensible sur la question palestinienne ont illustré sa posture morale.
Dans les années 1950, l’Inde a été un membre fondateur du Mouvement des non-alignés, qui a renforcé l’unité des pays en développement et plaidé en leur faveur au sein de l’ONU.
Ces engagements ont fait de l’Inde un membre influent des Nations unies, augmentant son poids diplomatique à l’échelle mondiale.
Les contributions indiennes aux opérations de maintien de la paix de l’ONU sont largement reconnues. Cette participation a débuté lors de la guerre de Corée dans les années 1950, où l’Inde a fourni une assistance militaire et médicale.
Depuis, les casques bleus indiens ont joué des rôles essentiels dans des zones de conflit telles que le Congo, le Soudan, le Soudan du Sud, le Liberia, Haïti, et bien d’autres.
À l’horizon 2025, l’Inde aura participé à plus de 50 missions de maintien de la paix, déployant plus de 250 000 soldats, ce qui en fait l’un des plus grands contributeurs au monde.
Les forces indiennes sont saluées pour leur formation, leur professionnalisme et leur approche humanitaire. Par exemple, au Soudan du Sud, outre la gestion des conflits, elles ont mené des camps médicaux, des programmes éducatifs et des opérations de réhabilitation au profit des populations locales.
La contribution des femmes indiennes dans ces missions mérite une mention particulière. En Liberia, l’unité de police entièrement féminine a joué un rôle clé dans la sécurité locale et l’émancipation des femmes.
Ces efforts ont rehaussé les standards des opérations de maintien de la paix et renforcé l’image humanitaire de l’Inde au plan international.
Les casques bleus indiens opèrent souvent dans des environnements complexes et dangereux, développant des liens avec les communautés locales et contribuant activement à la consolidation de la paix, ce qui accroît l’influence de l’Inde au sein de l’ONU.
Le rôle de l’Inde au Conseil de Sécurité et sa revendication d’un siège permanent sont des éléments majeurs. Élue à huit reprises comme membre non permanent, notamment pour la dernière fois en 2021-2022, l’Inde a exercé un leadership dynamique sur des dossiers tels que le terrorisme, le changement climatique, la cybersécurité et la sécurité maritime.
En 2021, lors de sa présidence du Conseil, l’Inde a organisé un débat historique sur la sécurité maritime, avec la participation du Premier ministre Narendra Modi, démontrant ses capacités diplomatiques et son aptitude à diriger sur des enjeux mondiaux cruciaux.
L’Inde revendique avec force un siège permanent au Conseil, justifié par sa population, sa croissance économique rapide, et son modèle démocratique.
Elle plaide également en faveur d’une réforme du Conseil afin de le rendre plus représentatif de la réalité géopolitique actuelle, soutenue par le groupe dit des G4 (Inde, Allemagne, Japon, Brésil) et par l’Union africaine, bien que cette réforme bute sur l’opposition de certains pays, notamment la Chine.
En tant que membre non permanent, l’Inde a activement porté des propositions contre le terrorisme et contribué à bâtir un consensus mondial sur ce sujet, attestant ainsi de son potentiel de leadership et renforçant son dossier pour un siège permanent.
Dans son rôle de défenseur des pays en développement, l’Inde est également un pilier important de la coopération Sud-Sud.
Elle joue un rôle crucial dans la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies. À l’échelle nationale, l’Inde a déployé des programmes majeurs pour lutter contre la pauvreté, développer l’éducation, améliorer la santé et protéger l’environnement, tels que le Pradhan Mantri Awas Yojana, le Swachh Bharat Abhiyan ou encore l’Ayushman Bharat.
Parallèlement, l’Inde appuie d’autres pays en développement à travers des initiatives comme le Fonds de partenariat Inde-ONU pour le développement, qui a financé plus de 150 projets dans près de 70 pays d’Afrique et d’Asie, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’environnement.
Membre du Conseil économique et social (ECOSOC), l’Inde s’illustre par son leadership sur des problématiques telles que la réduction de la pauvreté, l’autonomisation des femmes et la protection des droits de l’enfant.
Ces engagements renforcent l’influence de l’Inde parmi les pays en développement et solidifient sa position au sein de l’ONU.
Elle coopère aussi avec des organisations comme l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et le Fonds monétaire international (FMI) pour défendre les intérêts économiques des pays émergents, soutenant ainsi l’agenda économique de l’ONU.
Par ailleurs, le rôle de l’Inde dans la lutte contre le changement climatique est majeur. Signataire de l’Accord de Paris, l’Inde s’est engagée à réduire ses émissions de carbone et à atteindre la neutralité carbone d’ici 2030.
Elle a initié l’Alliance solaire internationale (ISA), dont elle est le principal moteur, pour promouvoir l’adoption massive de l’énergie solaire dans plus de 120 pays membres, offrant un nouvel élan mondial aux énergies renouvelables.
Aux conférences climatiques des Nations unies (COP), l’Inde réclame régulièrement un soutien financier et technologique accru aux pays en développement. Lors de la COP28 en 2023, elle a insisté sur la nécessité pour les pays développés de respecter leurs engagements financiers liés au climat.
Sur son territoire, les efforts pour développer l’énergie solaire, éolienne et la bioénergie servent de modèle de développement durable.
La Mission solaire nationale a connu des progrès substantiels, atteignant près de 100 gigawatts de capacité solaire installée en 2022, ce qui confirme l’Inde comme un acteur responsable aux côtés de la communauté internationale dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, l’Inde a été un membre très actif, contribuant à la protection et à la promotion des droits humains.
Elle a particulièrement œuvré sur des questions telles que l’autonomisation des femmes, les droits de l’enfant et la justice sociale. Par exemple, sa campagne Beti Bachao, Beti Padhao, visant à promouvoir l’éducation et l’émancipation des filles, a été saluée à l’échelle internationale.
En même temps, elle défend aussi les droits économiques et sociaux des pays en développement, illustrant la complexité de sa stratégie diplomatique combinant la promotion des droits de l’homme et la prise en compte des critiques internes.
Les contributions de l’Inde aux agences spécialisées des Nations unies telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la FAO et l’Organisation internationale du travail (OIT) sont également notables.
Durant la pandémie de COVID-19, l’Inde a fourni des vaccins comme Covishield et Covaxin à plus de 100 pays grâce à son initiative Vaccine Maitri, ce qui a renforcé son image humanitaire auprès des nations en développement.
En partenariat avec l’OMS, l’Inde a dirigé des initiatives globales dans le domaine de la santé, notamment pour la fourniture de médicaments et vaccins à prix abordable. Sa collaboration avec la FAO a favorisé le développement agricole et la sécurité alimentaire, notamment par le transfert d’expertise liée à la Révolution verte à plusieurs pays africains.
Son engagement avec l’OIT vise à promouvoir les droits des travailleurs et la justice sociale, reflétant une approche collaborative face aux défis mondiaux.
En somme, le rôle et l’influence de l’Inde au sein des Nations unies sont profonds et diversifiés. De ses missions de maintien de la paix aux réformes du Conseil de sécurité, du développement économique à la lutte contre le changement climatique et la défense des droits humains, l’Inde s’affirme comme un leader incontournable.
Sa politique de non-alignement, ses valeurs démocratiques et son approche humanitaire ont consolidé sa place au sein de l’ONU.
La perspective d’un siège permanent au Conseil de sécurité amplifiera son influence. Par son rôle constructif sur la scène onusienne, l’Inde contribue à ouvrir une voie vers un avenir marqué par la paix mondiale, la coopération internationale et un développement durable.