Le gouvernement britannique a confirmé que le projet ATILLA, visant à reconvertir des véhicules de combat d’infanterie Warrior retirés du service en plateformes téléopérées pour le déminage, a dépassé sa phase conceptuelle initiale et entre désormais dans une première phase de mise en concurrence commerciale.
En réponse à une question écrite du député conservateur Ben Obese-Jecty, le ministre de la Défense Luke Pollard a indiqué qu’ATILLA « a progressé au-delà de l’étude de faisabilité initiale » et se prépare désormais à passer à la phase d’appel d’offres. Aucun calendrier précis n’a été donné pour la fin formelle de la phase conceptuelle, mais la réponse ministérielle confirme que le programme a franchi cette étape.
Ces précisions interviennent après des révélations précédentes exposant la structure et les objectifs du projet ATILLA. Comme déjà rapporté, ce programme vise à transformer les chenilles robustes des Warrior en véhicules terrestres lourds téléopérés, aptes à franchir des champs de mines au profit des Royal Engineers. Un avis préalable publié en août révélait l’intention du ministère de la Défense d’acquérir jusqu’à six Warrior modifiés, équipés d’un dispositif de déminage frontal, capables d’opérer avec ou sans équipage à bord.
Conçu dès l’origine comme un projet à développement progressif, ATILLA prévoit une première phase consacrée à la livraison de six véhicules opérationnels pour tests et expérimentations, tandis que la seconde phase visera à accroître leur autonomie et à affiner le cahier des charges pour une future flotte de véhicules terrestres sans pilote spécialement conçus. Les industriels candidats doivent répondre à des critères stricts, seuls ceux capables de fournir six véhicules de déminage pleinement fonctionnels et optionnellement habités dans les délais impartis pourront poursuivre la sélection.
Le raisonnement derrière ce projet est simple : la mise hors service des Warrior sur le front laisse à l’armée des blindés chenillés solides, avec la mobilité, la protection et la capacité de charge nécessaires aux missions à haut risque d’ingénierie. Cette reconversion évite les délais longs et les coûts élevés liés à la conception d’une plateforme neuve, offrant aux Royal Engineers une solution de déminage protégée qui n’expose pas directement les équipages.
Selon le ministère de la Défense, en perçant les champs de mines, ce dispositif élimine ou repousse les explosifs, ouvrant une voie sûre pour que les troupes progressent plus rapidement vers des positions ennemies stratégiques ou des objectifs-clés, surpassant en vitesse et sécurité les méthodes actuelles.
« Appelé WEEVIL, le système a été développé conjointement par le Defence Science and Technology Laboratory (Dstl) et Pearson Engineering Ltd, une entreprise britannique du nord-est, en intégrant les dernières technologies. WEEVIL permet de déminer plus vite et plus sûrement que les capacités existantes, réduisant les risques pour les soldats en première ligne. Les procédés actuels incluent le véhicule blindé TROJAN, qui nécessite un équipage de trois personnes évoluant directement dans des zones dangereuses. »
« Le prototype repose actuellement sur un Warrior équipé d’une charrue anti-mines largeur totale, d’un système avancé de commande à distance et de caméras embarquées. Cette configuration permet à un opérateur unique de piloter le véhicule depuis plusieurs kilomètres, hors de danger, avec une adaptabilité attendue pour d’autres plateformes appropriées. »
« Les essais innovants se poursuivront avec l’Armée britannique, qui testera ce système robotique à ses limites, fournissant des données cruciales pour les futures capacités de déminage. La fréquence élevée des mines antichars et antipersonnel dans les conflits modernes, mise en lumière par la guerre en Ukraine, illustre l’importance stratégique de ces développements. »
Le contrat de ce programme, d’un montant de 12 millions de livres, est prévu de janvier 2026 à mars 2028, avec une option d’extension d’un an.