Le Royaume-Uni accélère le déploiement de systèmes autonomes et sans équipage dans la Royal Navy et la Royal Air Force, selon une réponse écrite du ministre de la Défense Lord Coaker datée du 24 juillet 2025. Ces avancées visent notamment à renforcer la composante aérienne des porte-avions britanniques.

Devant la Chambre des Lords, la baronne Goldie a interrogé le ministère de la Défense sur l’état des acquisitions des plateformes autonomes et sans équipage dans les deux services. Lord Coaker a précisé que, pour la Royal Air Force, les systèmes Protector et Storm Shroud entreront en service opérationnel cette année. Protector, un drone de nouvelle génération piloté à distance, doit remplacer la flotte de MQ-9 Reaper avec une endurance améliorée et une conformité aux régulations aériennes britanniques et de l’OTAN.

Pour la Royal Navy, le développement d’un Hybrid Carrier Air Wing est en cours. Ce concept vise à intégrer des aéronefs pilotés et sans pilote afin d’accroître l’efficacité au combat des porte-avions de la classe Queen Elizabeth.

Dans le cadre de l’Opération Highmast, des drones à voilure tournante Malloy T150 ont été déployés pour des missions de soutien logistique, tandis que le système hélicoptère sans pilote Peregrine a été mis en service opérationnel dans la région du Golfe.

Lord Coaker a également confirmé que « le développement se poursuit sur les navires de surface sans équipage et les véhicules sous-marins autonomes », avec des systèmes supplémentaires « en cours de développement ou en phase d’essais pour diverses missions dans les deux services ».

Ces avancées s’inscrivent dans des programmes portés par le Plan d’Investissement de la Défense, en accord avec des objectifs stratégiques plus larges visant à étendre les capacités autonomes des forces armées britanniques.

Le gouvernement britannique a réaffirmé le mois dernier que toute décision concernant des aéronefs sans pilote capables de frappes pour les porte-avions Queen Elizabeth serait prise dans le cadre de la revue stratégique de défense en cours, malgré l’intérêt grandissant de l’industrie et les planifications déjà anciennes au sein de la Royal Navy.

Dans une réponse écrite au Parlement, la ministre d’État à la Défense Maria Eagle a déclaré :
« La Revue stratégique de défense orientera toute nécessité d’ajouter des capacités de frappe aux porte-avions Queen Elizabeth. En attendant, la Royal Navy continue d’étudier les technologies émergentes pour comprendre comment elles peuvent améliorer l’avantage opérationnel. »

Parmi les technologies étudiées figurent les « Plates-formes collaboratives autonomes à voilure fixe », expression que des experts du secteur associent à des systèmes tels que le Gambit 5 de General Atomics, un drone de combat aérien sans pilote (UCAV) conçu pour être embarqué et susceptible de compléter la flotte de F-35B britannique.

Selon Maria Eagle : « Les Plates-formes collaboratives autonomes à voilure fixe ont le potentiel d’améliorer l’avantage opérationnel et seront donc évaluées en collaboration avec la Royal Air Force. »

Si aucune décision formelle n’a encore été prise, l’intérêt britannique pour le développement d’une aviation embarquée sans équipage est bien établi. Sous le précédent gouvernement, l’ancien ministre de la Défense James Cartlidge avait confirmé que la classe Queen Elizabeth avait été conçue pour permettre des évolutions capacitaires sur la durée, soulignant notamment « un fort focus sur les systèmes aériens sans équipage ».

Lors de l’événement naval « Combined Naval Event » tenu à Farnborough l’année dernière, le colonel Phil Kelly, chef de la force maritime embarquée de la Royal Navy, a présenté cette vision sous le nom de Future Maritime Aviation Force (FMAF) et son « projet Ark Royal ». Il avait mis en garde contre les limites actuelles, affirmant :
« La masse de F-35 ne permettra pas de doter pleinement les deux Queen Elizabeth du potentiel complet de l’aviation de combat. »

Il a appelé à recourir à l’automatisation et aux plateformes sans pilote pour combler ce déficit, insistant sur la nécessité de :
« Accroître notre portée, notre endurance et notre persistance afin d’établir un avantage décisif. »

General Atomics, constructeur des MQ-9 Reaper et MQ-20 Avenger, promeut activement son Gambit 5 comme une réponse adaptée aux besoins émergents du Royaume-Uni.

Un porte-parole de l’entreprise, C. Mark Brinkley, a expliqué :
« Nous développons un nouveau concept nommé Gambit 5, conçu pour le décollage et l’appontage sur porte-avions. Il pourrait être focalisé sur la surveillance ISR, comme le Gambit 1, ou s’orienter vers une version hybride. »

Ce drone s’appuie sur 15 années d’expérience en UCAV, comptabilisant plus de 37 000 heures de vol avec le MQ-20. General Atomics met en avant ses compétences en navigation, autonomie et positionnement relatif, éléments indispensables pour les futures opérations de drones embarqués.

Bien qu’aucune commande précise n’ait encore été effectuée, les réponses du ministère de la Défense et l’intensité des activités de soutien dans l’industrie, le Parlement et au sein de la Royal Navy confirment que l’expansion des capacités de combat aérien embarqué sans pilote est un sujet prioritaire de développement. Comme l’a résumé Maria Eagle :

« Les décisions concernant les capacités futures dépendront des conclusions de la Revue stratégique de défense, qui analyse les menaces auxquelles nous sommes confrontés et les capacités nécessaires pour y répondre. »