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Le programme britannique de véhicules blindés Boxer est conçu avec une marge de manœuvre permettant d’augmenter la production en cas de conflit prolongé, selon des informations communiquées au Parlement.

Des déclarations ministérielles récentes suggèrent que les modalités de fabrication actuelles du Boxer au Royaume-Uni ont été structurées pour répondre à une demande accrue si nécessaire, bien qu’aucune mesure d’expansion supplémentaire n’ait été annoncée.

La question avait été soulevée par le député travailliste Luke Akehurst, qui demandait quelles démarches étaient entreprises pour élargir la capacité industrielle nationale afin de permettre une production accélérée en cas de conflit prolongé.

En réponse, le ministre de la Défense Luke Pollard a précisé que le gouvernement a réalisé « d’importants investissements dans la base industrielle britannique, comprenant les usines, la main-d’œuvre et les chaînes d’approvisionnement, pour soutenir la fabrication des véhicules Boxer ». Il a ajouté que le programme est « désormais en pleine production » et que l’organisation industrielle actuelle du Royaume-Uni dispose « du potentiel pour accueillir des commandes supplémentaires en cas d’augmentation rapide de la production ou pour des clients à l’export ».

Aucune mesure d’expansion supplémentaire n’a été détaillée, mais la réponse du ministre indique que le modèle de production comprend déjà une capacité prévue pour absorber une demande accrue.

Le Boxer est un véhicule blindé modulaire à huit roues, développé dans le cadre d’un programme multinational piloté par ARTEC GmbH, une coentreprise majoritairement contrôlée par Rheinmetall. Sa conception repose sur un module de traction commun pouvant être associé à des modules de mission interchangeables, permettant d’assumer diverses fonctions telles que le transport de troupes, le commandement, la reconnaissance ou le soutien-feu. La production a débuté en 2009, avec plus de 1800 véhicules construits ou commandés par les nations participant au programme. Rheinmetall détient la majorité des parts d’ARTEC et supervise les activités industrielles réparties entre l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Australie.

Le Royaume-Uni a intégré le programme en 2019 avec un contrat portant sur 523 véhicules, pour une valeur de 2,3 milliards de livres sterling. Une commande supplémentaire de 100 unités a été passée en 2022, portant le total à 623 véhicules. L’armée britannique prévoit une mise en service progressive, avec une capacité opérationnelle initiale ciblée pour 2025 et une capacité opérationnelle complète prévue pour 2032. L’achat couvre trois configurations principales déclinées en neuf sous-rôles, reflétant la modularité de la plateforme.

Les quantités par rôle publiées par le ministère de la Défense illustrent la diversité des missions prévues pour cette flotte. Les plus fortes allocations concernent la mobilité des fantassins et les fonctions de commandement, avec 146 transporteurs d’infanterie et 158 plateformes de commandement et contrôle commandées. Parmi les rôles spécialisés figurent les véhicules pour sections du génie, les variantes de reconnaissance et de soutien-feu, les transporteurs de mortiers ainsi que les plates-formes de guerre électronique. Les ambulances et postes d’observation complètent l’ensemble. Par ailleurs, un programme distinct doit introduire la version artillerie Boxer RCH 155, avec jusqu’à 96 systèmes envisagés.