Le ministère britannique de la Défense a lancé une demande d’informations (RFI) concernant des technologies destinées à contrer les véhicules aériens sans pilote (UAV) rapides propulsés par réaction, soulignant que cette menace croissante risque de submerger les systèmes actuels de défense aérienne.
Le document précise que « la prolifération de véhicules aériens sans pilote à réaction à effet unique (One-Way Effector UAV – OWE-UAV), abordables et à longue portée, représente une menace importante et évolutive tant pour les forces déployées que pour les infrastructures nationales critiques. Ces menaces tirent parti de leur faible coût et de leur volume élevé, rendant les solutions cinétiques de défense aérienne traditionnelles économiquement non viables et conduisant à une saturation possible des systèmes de défense en couches existants. »
Cette demande d’informations, publiée sous le code projet 715604460 et coéditée avec la Drone Capability Coalition, précise qu’il ne s’agit pas encore d’un exercice d’acquisition, mais d’une enquête auprès de l’industrie.
« L’objectif de cette RFI est de comprendre le paysage industriel actuel ainsi que le degré de maturité des capacités pour contrer les OWE-UAV propulsés par réaction. Les informations recueillies serviront à orienter la planification stratégique de l’Autorité et, potentiellement, à affiner les exigences futures concernant le développement, la production et le soutien d’une telle capacité. »
Le ministère décrit un profil de performance indicatif de cette menace, indiquant que ces drones pourraient opérer « à des vitesses supérieures à 350 km/h et à des altitudes comprises entre le niveau du sol et plus de 12 000 pieds au-dessus du sol (AGL), avec un haut degré d’autonomie afin de réduire leur vulnérabilité aux contre-mesures électroniques (ECM). »
En réponse, le ministère étudie la faisabilité « du développement d’un drone intercepteur spécifiquement conçu pour neutraliser les OWE-UAVs propulsés par réaction à grande vitesse ».
Les fournisseurs sont invités à fournir des détails sur les charges utiles potentielles, les systèmes de propulsion, les portées opérationnelles, la capacité de survie, l’intégration aux réseaux radar ou de commandement existants, ainsi que la capacité à opérer en essaim. L’industrie doit également indiquer les coûts de production indicatifs, la scalabilité, les risques liés à la chaîne d’approvisionnement, ainsi que les délais pour atteindre une capacité opérationnelle initiale.
Bien que cet appel ne préjuge pas d’achats futurs, le ministère précise que « l’Autorité pourra, à sa discrétion, inviter certains candidats sélectionnés à une session de suivi pour discuter plus en détail de leurs propositions. »