Article de 699 mots ⏱️ 4 min de lecture

Le ministère de la Défense britannique a confirmé que les avions militaires du Royaume-Uni n’entrent pas dans l’espace aérien souverain irlandais à des fins opérationnelles sans l’accord explicite du gouvernement irlandais. Cette déclaration fait suite à une question parlementaire portant sur les modalités d’interception aérienne entre les deux pays.

Carla Lockhart, députée du Democratic Unionist Party pour Upper Bann, avait interrogé sur les accords existants entre le Royaume-Uni et la République d’Irlande concernant l’interception d’aéronefs non identifiés ou hostiles évoluant dans l’espace aérien irlandais. En réponse, le ministre britannique de la Défense, Al Carns, a précisé que l’accès à l’espace aérien irlandais est géré via des processus diplomatiques établis, conformes aux normes internationales.

« L’accès à l’espace aérien irlandais est contrôlé par les canaux diplomatiques en vigueur conformément aux normes internationales, avec une demande et une autorisation préalables pour les aéronefs étatiques sous conditions définies », a-t-il expliqué.

Al Carns a ajouté que les avions militaires britanniques n’opèrent pas dans l’espace aérien souverain irlandais sans l’approbation politique préalable de Dublin.

« Les avions militaires du Royaume-Uni n’entrent pas dans l’espace aérien souverain de l’Irlande à des fins opérationnelles sans l’accord explicite préalable du gouvernement irlandais », a-t-il insisté.

Le ministre a également souligné que les questions liées à l’accès à l’espace aérien souverain relèvent en dernier ressort des États concernés, invitant à adresser toute interrogation sur la réglementation irlandaise aux autorités irlandaises.

Cette prise de position intervient dans un contexte de discussions de longue date sur la gestion de la sécurité aérienne autour de l’Irlande. Le pays opère en effet depuis plusieurs décennies sans capacité d’interception par avion de chasse suffisante pour répondre aux appareils non identifiés à grande vitesse.

Depuis l’après-guerre, un accord tacite permet à la Royal Air Force d’intervenir lorsqu’un aéronef pénètre dans la région d’information de vol (FIR) placée sous la responsabilité de l’Irlande et ne communique pas avec le contrôle civil du trafic aérien. Cet arrangement, déjà évoqué dans plusieurs rapports défense, s’inscrit dans le cadre d’un protocole d’entente plus large sur la coopération en matière de défense entre Londres et Dublin, régulièrement actualisé au gré des échanges bilatéraux.

Il ne s’agit toutefois pas d’une prise en charge britannique de la défense aérienne irlandaise. La coopération vise principalement à garantir la sécurité aérienne, notamment dans l’un des couloirs transatlantiques les plus fréquentés d’Europe, où les aéronefs non identifiés ou n’émettant pas de transpondeurs représentent un risque de collision avec le trafic civil. Les autorités britanniques ont toujours affirmé que toute intervention de la RAF est réalisée avec le consentement irlandais et s’inscrit dans une démarche d’identification et de sécurisation du trafic aérien, non de défense territoriale. Concrètement, ces missions d’interception permettent aux contrôleurs aériens d’obtenir une identification visuelle des appareils inconnus, facilitant ainsi le réacheminement des vols commerciaux et la maintenance d’une image de situation aérienne sûre.

Les gouvernements irlandais ont été soumis à des pressions politiques internes pour clarifier la nature de cette coopération, au regard de la politique traditionnelle de neutralité militaire de l’Irlande. Malgré des postures de défense différentes, les deux États maintiennent un dialogue régulier sur la sécurité aérienne, maritime et des infrastructures critiques, reflet de risques opérationnels communs.

La réponse du ministère de la Défense britannique réaffirme la position selon laquelle si une coopération existe, la souveraineté sur l’espace aérien irlandais demeure entièrement entre les mains du gouvernement irlandais, et toute activité militaire y est soumise à une approbation diplomatique explicite au cas par cas.