Le Royaume-Uni a déployé six chasseurs furtifs F-35B Lightning depuis la base aérienne de Marham vers la base d’Akrotiri à Chypre, renforçant ainsi sa capacité aérienne en Méditerranée orientale aux côtés des avions Typhoon FGR4 déjà présents. Ce déploiement traduit une posture défensive, mais prête à réagir, face au risque d’une escalade rapide des tensions liées aux négociations nucléaires entre les États-Unis et l’Iran et aux signaux militaires dans la région.
La Royal Air Force (RAF) désigne la base d’Akrotiri comme une Base Opérationnelle Conjointe Permanente, soutenant les opérations régionales en cours, protégeant les intérêts stratégiques britanniques et servant de plateforme avancée pour les éventualités au Moyen-Orient. Cette formulation souligne une posture conçue pour gérer rapidement toute montée en tension : accroître le nombre d’aéronefs, les renforcer par un appui interarmées et conserver une marge de manœuvre décisionnelle à mesure que la situation évolue.
Le F-35B apporte des capacités très différentes de celles des Typhoon déployés à Akrotiri. Son moteur Pratt & Whitney F135 génère environ 40 000 livres de poussée avec postcombustion, lui permettant d’atteindre Mach 1,6 et d’opérer jusqu’à 15 000 mètres d’altitude. Cependant, la véritable valeur de cet appareil réside dans son architecture avancée de fusion des capteurs plus que dans ses performances cinématiques.
Le radar AESA AN/APG-81, le système de détection à ouverture distribuée, les dispositifs électro-optiques et la suite complète de guerre électronique permettent au pilote de construire une image intégrée et sécurisée du champ de bataille, échangeable via les liens de données Link 16 et le Link Multifonction Avancé. Opérationnellement, le F-35B sert ainsi de nœud avancé à faible observabilité, capable de détecter et classifier les menaces aériennes et de surface tout en étant difficile à localiser ou à engager.
En service dans la RAF, l’armement du F-35B est optimisé pour la défense aérienne et la précision plutôt que pour des frappes profondes. Il emporte des missiles AMRAAM et ASRAAM pour le combat au-delà et à courte portée visuelle, l’intégration du Meteor étant prévue mais non encore totalement opérationnelle. Pour les missions air-sol, le Paveway IV demeure la munition guidée principale, favorisant des patrouilles défensives, la suppression ciblée de menaces et la désignation d’objectifs pour d’autres moyens plutôt qu’une attaque prolongée de grande ampleur.
Le Typhoon FGR4 complète ce dispositif en tant qu’appareil lourd du groupe. Conçu pour des missions multifonctions, il allie grande agilité, forte capacité de charge et arsenal avancé. Son armement air-air comprend Meteor, AMRAAM et ASRAAM, tandis que ses options air-sol incluent le Paveway IV, le missile Brimstone 2 et le missile de croisière à longue portée Storm Shadow.
Le radar ECR 90, le système infrarouge PIRATE de recherche et de poursuite, ainsi que la nacelle de désignation Litening V équipent le Typhoon d’une capacité robuste de détection et d’engagement s’étendant du soutien aérien rapproché à l’interdiction. Lors de récentes opérations au Moyen-Orient, les Typhoon ont régulièrement mené des missions de reconnaissance armée et de surveillance, assurant une présence persistante et des frappes précises.
Les relations entre États-Unis et Iran oscillent à nouveau entre diplomatie et pression coercitive, avec la reprise des négociations nucléaires se combinant à des sanctions économiques et à des démonstrations militaires. Les déclarations des deux camps témoignent d’un optimisme prudent, mais le risque d’un incident majeur demeure élevé, surtout compte tenu de l’utilisation par l’Iran de proxies, drones et missiles dans toute la région. Pour Londres, ce contexte nécessite de protéger ses forces, rassurer les alliés et conserver des options de réponse crédibles sans s’engager dans une escalade.
La position géographique de Chypre est particulièrement stratégique. La proximité de la base d’Akrotiri avec le Levant et la Méditerranée orientale permet de générer rapidement des patrouilles de combat aérien, de protéger des actifs à haute valeur et d’intercepter précocement des menaces aériennes se dirigeant vers l’ouest.
Essentiellement, cette base réduit la dépendance aux autorisations politiques régionales, souvent fragiles en situation de crise. Le déploiement avancé des F-35B à Akrotiri offre ainsi au Royaume-Uni un dispositif aérien résilient et flexible, apte à défendre la base, assurer la police du ciel, recueillir du renseignement et réagir immédiatement au cas où les tensions entre Washington et Téhéran basculeraient de la diplomatie à un affrontement ouvert.