Le Royaume-Uni développe le premier scanner cérébral quantique entièrement mobile, destiné à mesurer les effets des explosions sur les forces armées directement sur les sites d’entraînement et en opérations. Ce dispositif innovant permettra d’évaluer rapidement l’impact des ondes de choc sur le cerveau des militaires.

Financé à hauteur de 3,1 millions de livres sterling par le gouvernement, ce projet s’appuie sur un système mobile de magnétoencéphalographie (MEG). Il offrira aux Services Médicaux de la Défense la capacité d’observer les modifications des fonctions cérébrales dans les minutes qui suivent une exposition à une explosion liée à des armes. Contrairement aux équipements nécessitant des laboratoires fixes, cette technologie sera déployée sur les champs de tir, dans les hôpitaux de campagne ou les centres de réhabilitation.

Selon le ministère de la Défense (MOD), ce scanner repose sur une technologie quantique de nouvelle génération et vise à analyser comment les expositions répétées aux ondes de choc de puissantes armes peuvent affecter le cerveau sur le long terme. Les chercheurs souhaitent ainsi établir une cartographie précise et horodatée des modifications cérébrales immédiates après un blast, ainsi que suivre la récupération des personnels dans les heures et jours qui suivent.

Le système est développé par Cerca Magnetics, une entreprise issue de l’université de Nottingham, en collaboration avec des experts des universités de Nottingham et Birmingham. L’exploitation sera assurée par les Services Médicaux de la Défense sous l’autorité du Cyber and Specialist Operations Command. Le MOD souligne que cette avancée répond à un défi majeur en médecine militaire, puisque les effets neurologiques subtils liés aux explosions sont souvent de courte durée et difficiles à détecter avec les scanners classiques.

La ministre chargée des Anciens Combattants, Louise Sandher-Jones, a souligné que cette technologie pourrait améliorer tant la protection que les politiques en faveur des militaires. « La sécurité de nos personnels est une priorité absolue. Grâce à des technologies comme celle-ci, même les altérations physiques les plus subtiles peuvent désormais être détectées, offrant des informations cruciales auparavant inaccessibles », a-t-elle déclaré, insistant sur la volonté gouvernementale d’améliorer les protections des forces armées.

Le lieutenant-colonel James Mitchell, neurologue consultant et principal investigateur de l’étude britannique sur les explosions chez les militaires, considère ce système comme un véritable tournant. « Pour la première fois, nous pourrons établir un suivi précis et horodaté de ce qui se passe dans le cerveau dans les minutes et heures suivant une explosion, et observer l’évolution de la récupération », a-t-il expliqué, en précisant que ces résultats pourraient orienter les futures recommandations sur les limites d’exposition sûres.

Le professeur Matthew Brookes, de l’université de Nottingham, a insisté sur la dimension mobile du scanner, qui supprime les contraintes historiques liées aux équipements MEG. « Cette nouvelle génération de MEG élimine les limites qui cantonnaient ces scanners aux universités, ouvrant la voie à des systèmes mobiles pouvant être déployés directement auprès des populations bénéficiaires », a-t-il affirmé.

Le ministère de la Défense prévoit une mise en service opérationnelle du système pour mars 2026. Si son usage initial visera le domaine militaire, les responsables et chercheurs impliqués notent que cette technologie pourrait également contribuer à des recherches plus larges sur les commotions cérébrales, les démences ou l’épilepsie.