Le Royaume-Uni fait face à des risques croissants en matière de sécurité et ne les prend pas suffisamment au sérieux, a averti Lord Robertson, ancien Secrétaire général de l’OTAN.
Lors d’une intervention dans le podcast Lord Speaker’s Corner, aux côtés de Lord West of Spithead, ancien Premier Lord de la Mer, Lord Robertson a dénoncé le retard du pays en matière de résilience et de défense nationale. « Nous sommes insuffisamment préparés, mal assurés, attaqués et pas en sécurité », a-t-il déclaré.
Cette prise de parole conjointe intervient alors que le Parlement britannique débat de plus en plus sur la capacité du Royaume-Uni à résister aux cyberattaques, au sabotage et à d’autres chocs géopolitiques.
Lord Robertson a exprimé ses inquiétudes sur les activités russes en Europe, soulignant que Moscou externalise de plus en plus ses opérations. « Ils ne peuvent plus agir eux-mêmes. Ils sous-traitent maintenant, suivant un bon principe capitaliste, à la criminalité organisée… Nos câbles sous-marins, qui transportent 99 % de toutes nos données, sont vulnérables, ils les surveillent et, dans certains cas, les attaquent », a-t-il expliqué.
Il a également appelé à un réalisme face à la Chine. « Il faut dialoguer avec la Chine, mais reconnaître qu’elle représente un défi pour le futur… Je pense qu’il vaut mieux la qualifier aujourd’hui de problème plutôt que de menace directe », a ajouté le pair.
Lord Robertson a décrit un durcissement des alignements mondiaux, évoquant l’image de Xi Jinping, Kim Jong-un, Vladimir Poutine et du Premier ministre indien réunis à Pékin. « Cela aurait dû provoquer un frisson chez presque tout le monde… Ils se regroupent essentiellement pour affaiblir le pouvoir des valeurs occidentales et de l’Occident dans son ensemble », a-t-il souligné.
De son côté, Lord West a mis en garde contre le risque nucléaire réel lié à la guerre en Ukraine. « Allaient-ils vraiment commettre cette erreur stupide et utiliser l’arme nucléaire ? » a-t-il interrogé, estimant qu’une Russie vaincue pourrait prendre des décisions extrêmes. Il a insisté sur la nécessité qu’un éventuel accord de paix soit soutenu par des forces crédibles : « On ne peut pas se contenter de les laisser sur place en spectateurs, sinon on risque des massacres comme à Rwanda ».
Lord West a également relaté un moment critique lors des attentats du 11 septembre : « Je me souviens d’un appel en provenance de notre cellule de lancement nucléaire… ‘Monsieur… les Américains passent en état de préparation immédiate de lancement d’armes nucléaires… que souhaitez-vous que je fasse ?’ »
Les deux personnalités ont plaidé pour un débat public plus sérieux autour de ces enjeux. Lord Robertson a averti qu’en cas de défaillance des infrastructures critiques, les citoyens exigeraient des comptes : « Quand les lumières s’éteindront, les hôpitaux fermeront et les centres de données tomberont en panne… les gens demanderont… ‘pourquoi n’avez-vous rien fait ?’ »