Le ministère de la Défense britannique a confirmé qu’il n’envisage pas de prolonger le maintien en service des véhicules blindés Warrior au-delà de 2027, date prévue pour leur retrait définitif.
Dans une réponse écrite à Ben Obese-Jecty, député conservateur, le ministre de la Défense Luke Pollard a indiqué « qu’il n’y a pas de projet de report de la date de désactivation du Warrior au-delà de 2027, et qu’aucune extension n’est à l’étude ».
Cette réponse précise que l’armée ne reviendra pas sur sa décision de retirer de service ce véhicule de combat d’infanterie longtemps employé, malgré les inquiétudes persistantes concernant d’éventuelles lacunes dans les capacités blindées. Le ministre a souligné que l’attention du ministère est désormais portée sur la réalisation des ambitions définies dans la Revue stratégique de défense.
Il a déclaré devant le Parlement que la priorité est donnée à « la réalisation de la vision de la Revue stratégique de défense qui prévoit une multiplication par dix de la létalité de l’armée britannique au cours de la prochaine décennie », les véhicules blindés modernes constituant un élément clé de cette nouvelle architecture opérationnelle.
Le ministre a ajouté que les capacités futures s’appuieront sur « des plateformes à la fois survivables et létales », opérant de concert avec « de nouveaux systèmes en couches composés de plateformes consommables et attritables », marquant une transition claire vers une force plus diversifiée et multi-couches plutôt que sur la prolongation des équipements hérités.
Par ailleurs, le projet ATILLA, visant à convertir les anciens Warrior en plateformes de franchissement de champs de mines téléopérées, progresse. Le gouvernement a annoncé que ce programme est passé de la phase exploratoire à celle de la compétition commerciale précoce.
Répondant à la même question écrite, Luke Pollard a précisé qu’ATILLA « a dépassé l’évaluation de faisabilité conceptuelle » et s’apprête à entrer dans la phase d’appel d’offres. Aucune date précise n’a été donnée pour la fin formelle de la phase de conception, mais il est clair que ce stade a déjà été franchi.
Ce programme prévoit de transformer des châssis Warrior excédentaires en véhicules terrestres téléopérés lourds et attritables, capables de dégager des champs de mines pour le génie militaire. Un Avis d’Information Préliminaire publié en août dévoilait l’objectif du ministère d’acquérir jusqu’à six véhicules convertis équipés d’un matériel de déminage frontal, pouvant être utilisés avec un équipage ou à distance.
ATILLA est conçu comme un processus de développement en spirale : la première phase livrera ces six véhicules pour un usage opérationnel et expérimental, tandis que la seconde phase visera à améliorer l’autonomie et à définir les besoins pour une future flotte lourde téléopérée construite spécifiquement. Seuls les fournisseurs capables de fournir six véhicules de franchissement téléopérés pleinement fonctionnels dans les délais pourront poursuivre la compétition.
Le rationnel du projet est simple : le retrait du Warrior du service actif laisse à l’armée des châssis chenillés robustes offrant mobilité, protection et capacité d’emport adaptées aux tâches d’ingénierie à haut risque. Cette conversion permet d’éviter les longues durées et coûts élevés liés à la conception d’une plateforme neuve, tout en offrant aux Royal Engineers une option résistante pour le déminage, protégeant ainsi les équipages des dangers directs.
Selon le ministère de la Défense, en franchissant les champs de mines, le dispositif élimine les explosifs et les repousse, ouvrant un passage sécurisé qui accélère et sécurise l’avance des troupes vers des positions ennemies stratégiques ou des objectifs clés, surpassant en rapidité et sécurité les méthodes actuelles.
« Le système, baptisé WEEVIL, a été développé en collaboration par le Defence Science and Technology Laboratory (Dstl) et Pearson Engineering Ltd, une entreprise britannique basée dans le nord-est, en utilisant des technologies de pointe. WEEVIL peut dégager les champs de mines plus rapidement et plus sûrement que les capacités existantes, réduisant les risques pour les soldats en première ligne. Les méthodes actuelles incluent notamment le véhicule blindé TROJAN, qui nécessite la présence d’un équipage de trois personnes sur des zones dangereuses. »
« Le prototype utilise actuellement le véhicule Warrior équipé d’une charrue antiminage pleine largeur, d’un système de télécommande avancé et de caméras embarquées. Il peut ainsi être piloté à distance par une seule personne à plusieurs kilomètres, et devrait pouvoir s’adapter à toute plateforme adaptée. Ces essais innovants avec l’armée britannique permettront de tester le robot en conditions réelles, fournissant des données cruciales pour le développement futur des capacités de déminage. La guerre en Ukraine a mis en lumière la prévalence des mines antichars et antipersonnel destinées à ralentir les déplacements des troupes. »