Le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Australie ont annoncé « un engagement total » pour le partenariat AUKUS, à l’issue de la finalisation de la revue interne américaine, marquant ainsi le passage de la phase de planification à celle de la livraison des sous-marins nucléaires et des technologies avancées, a indiqué le ministère britannique de la Défense.
Lors d’une réunion au Pentagone, le secrétaire à la Défense britannique John Healey s’est joint au secrétaire à la Guerre américain Pete Hegseth et au ministre australien de la Défense Richard Marles pour souligner la nécessité d’accélérer le programme trilatéral face à l’instabilité mondiale croissante.
John Healey a déclaré « nous lançons AUKUS à plein régime. Nos revues sont terminées. Maintenant, il faut livrer », ajoutant que « continuer comme avant n’est pas une option ».
Selon le ministère de la Défense, le Royaume-Uni a investi 6 milliards de livres sterling au cours des 18 derniers mois pour moderniser des infrastructures clés à Barrow et Derby, ce qui permet une production continue de sous-marins et la construction d’un nouveau sous-marin d’attaque de classe AUKUS tous les 18 mois. Le design du SSN-AUKUS devrait être le plus performant jamais conçu pour la Royal Navy, le programme devant aussi générer plus de 7 000 emplois au Royaume-Uni et permettre de maintenir 21 000 emplois au sommet de la production.
Le MoD précise que plus de 3 000 emplois dans le secteur nucléaire ont été créés depuis juillet 2024, avec la perspective de 4 400 postes supplémentaires dans la construction. Healey a souligné que cet investissement illustre « la défense comme moteur de croissance – renforçant notre sécurité commune, protégeant nos populations et créant de bons emplois dans nos trois pays ».
Le Royaume-Uni considère AUKUS à la fois comme un pilier stratégique et industriel. Le ministère évoque une entreprise de défense nucléaire qui devrait soutenir environ 65 000 emplois au Royaume-Uni d’ici 2030, avec des salaires du secteur nucléaire en moyenne 20 % supérieurs à la moyenne nationale. Les responsables insistent sur les retombées économiques durables pour les régions où les emplois qualifiés sont le plus nécessaires.
Au-delà des sous-marins, la réunion a également mis en avant une accélération de la livraison des technologies militaires avancées sous le Pilier II d’AUKUS, destinées à un usage opérationnel immédiat. Le Royaume-Uni a souligné ses efforts parallèles pour renforcer l’innovation au sein de l’OTAN, notamment avec sa nouvelle approche hybride pour la Marine, ainsi que son soutien technique à l’Australie dans le cadre du traité de Geelong, alors que Canberra se prépare à exploiter des sous-marins à propulsion nucléaire.
John Healey a qualifié ce moment de tournant pour le partenariat, affirmant « AUKUS est trop important et les enjeux trop élevés pour le laisser stagner. Notre priorité absolue est désormais de lever tous les obstacles à la livraison. Et le Royaume-Uni est pleinement engagé ».