Le Royaume-Uni a réaffirmé son ouverture à l’intégration de nouveaux partenaires dans le cadre du Global Combat Air Programme (GCAP), alors que l’avenir du système rival européen Future Combat Air System (FCAS) demeure incertain et que la position à long terme de l’Allemagne sur l’aviation de combat de nouvelle génération reste floue.
Dans une réponse écrite au Parlement publiée le 18 décembre, le ministre de la Défense Luke Pollard a précisé que le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon continuent de privilégier la réussite du GCAP, tout en restant ouverts à une extension du partenariat.
« En tant que partenaires, nous avons maintenu que nous restons ouverts à l’arrivée d’autres partenaires », a déclaré Pollard. « Le Royaume-Uni et nos partenaires du GCAP, l’Italie et le Japon, sont concentrés sur la livraison rapide de cette capacité militaire essentielle. »
Le Global Combat Air Programme est une coopération trilatérale entre le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon visant à développer conjointement un avion de combat furtif de sixième génération, destiné à entrer en service vers 2035. Ce programme a fusionné les initiatives britanniques Tempest et japonaises F-X, et repose sur une base industrielle commune comprenant BAE Systems (Royaume-Uni), Leonardo (Italie) et Mitsubishi Heavy Industries (Japon). Le consortium Edgewing, créé spécialement, pilote la conception et la réalisation de cet avion. Le siège du GCAP est installé au Royaume-Uni, dans le cadre d’un traité international approuvé par les trois gouvernements.
Cette réponse fait suite à une question posée par le député Libéral-démocrate James MacCleary, qui s’interrogeait sur d’éventuelles discussions récentes avec l’Allemagne, l’Italie et le Japon au sujet de l’intégration possible de l’Allemagne au GCAP.
Selon des reportages récents, le programme FCAS semble traverser une crise grave, les responsables envisageant désormais un possible effondrement du Next Generation Fighter. Les discussions ministérielles à la mi-décembre n’auraient pas permis de débloquer la deuxième phase du programme. De ce fait, des contrats industriels majeurs restent non signés et des déclarations politiques ne se sont pas traduites en engagements fermes.
Par ailleurs, le discours politique allemand à propos du FCAS a évolué. Des parlementaires et responsables allemands évoquent désormais ouvertement la possibilité de se dissocier de la France concernant la partie avion de chasse, un changement notable par rapport aux tentatives précédentes de gestion discrète des désaccords. Cette évolution est largement interprétée comme un signe de frustration, et non simplement comme une tactique de négociation, surtout au regard de l’engagement déjà pris par l’Allemagne en faveur du F-35.
De leur côté, la France et l’Espagne ont publiquement réaffirmé leur soutien au FCAS, qu’ils considèrent comme un pilier essentiel de l’autonomie stratégique européenne. Cependant, ces déclarations sont affaiblies par l’impasse industrielle persistante, le directeur général de Dassault remettant en cause la viabilité du programme sans une direction claire et efficace. La querelle de leadership entre Dassault et Airbus est perçue par les analystes comme un problème structurel de fond, et non une simple difficulté passagère.
Dans ce contexte, le GCAP se présente de plus en plus comme un modèle alternatif, avec un pilotage clairement établi et une cohérence industrielle assurée. Ce programme sous conduite britannique vise à fournir un avion de combat de nouvelle génération pour une mise en service vers le milieu des années 2030, avec l’Italie et le Japon comme partenaires principaux.
La presse spécialisée souligne également les conséquences plus larges qu’entraînerait un échec du FCAS, évoquant un risque important pour la coopération sur d’autres programmes européens phares de défense, notamment le Main Ground Combat System, développé par la France et l’Allemagne. Le FCAS apparaît ainsi comme un véritable test de la capacité de l’intégration européenne en matière de défense à surmonter les rivalités nationales et les enjeux de souveraineté industrielle.