Le Royaume-Uni s’apprête à prendre la tête de la composante des opérations spéciales de la Force de Réaction Rapide Alliée (ARF) de l’OTAN, après avoir achevé un programme de préparation, d’entraînement et de validation s’étalant sur deux ans.
Dans ce rôle, le Royaume-Uni commandera le Quartier Général de la Composante des Opérations Spéciales (SOCC), une structure interarmées chargée de coordonner les groupes opérationnels d’opérations spéciales en mer, à terre et dans les airs dans le cadre de l’ARF. Ce quartier général a été officiellement validé par l’OTAN à l’issue d’exercices conduits en Norvège, ouvrant la voie à la prise de commandement britannique durant l’année de disponibilité de l’ARF, prévue de juillet 2026 à juin 2027.
Ce programme d’entraînement comprenait la mise en place d’un nouveau Quartier Général des Opérations Interarmées de l’OTAN et une série d’exercices multinationaux exigeants visant à tester l’interopérabilité, le commandement, le contrôle et la préparation opérationnelle. Le plus récent, l’exercice Hyperion Storm, avait pour objectif de valider les groupes opérationnels placés sous commandement britannique.
Hyperion Storm a testé les compétences clés du groupe opérationnel maritime d’opérations spéciales, du groupe terrestre et du groupe aérien, incluant reconnaissance spéciale, actions directes et assistance militaire. Outre les unités britanniques, le SOCC commandera également un groupe terrestre d’opérations spéciales espagnol, reflétant ainsi le caractère multinational de l’ARF.
Le colonel Phil O’Callaghan, commandant adjoint du SOCC, a souligné que le processus de validation avait été rigoureux et exigeant. « Le processus d’évaluation est précis et contraignant ; chaque détail est minutieusement analysé », a-t-il déclaré, précisant que le quartier général devait répondre à plus de 850 critères individuels de performance pour obtenir la certification de l’OTAN.
Il a ajouté que cet exercice marquait une étape importante pour les opérations spéciales britanniques. « C’est la première fois que nous réunissons les forces interarmées britanniques des opérations spéciales pour un rôle de commandement aussi significatif au sein de l’OTAN », a-t-il indiqué. « Cela démontre la polyvalence de la Force Commando britannique, du Régiment des Rangers et de la Royal Air Force, tant dans le soutien à nos partenaires de l’Alliance que dans nos opérations à l’échelle mondiale ».
Selon le colonel O’Callaghan, la collaboration avec les nations partenaires est au cœur de la mission. « Commander cette force d’opérations spéciales de l’OTAN mettra non seulement en lumière les compétences et le leadership des forces armées britanniques, mais renforcera également notre engagement national envers l’Alliance », a-t-il conclu.
La Force de Réaction Rapide Alliée est une force multinationale à haute disponibilité conçue pour être déployée à très court préavis dans un large éventail de scénarios, incluant la défense collective, la gestion de crise et les menaces hybrides. Elle intègre des capacités terrestres, maritimes, aériennes, d’opérations spéciales, cybernétiques, spatiales, logistiques et de communication stratégique, fournies à titre volontaire par les États membres. La prise de commandement britannique de la composante opérations spéciales s’inscrit dans les engagements fixés par la Revue Intégrée de 2020 et les plans de défense qui en découlent, lesquels identifient la nécessité de développer d’ici 2030 une capacité résiliente d’opérations spéciales. L’offre britannique de diriger la composante opérations spéciales de l’ARF a été faite en 2023, avec des exercices de validation menés tout au long de 2025 et 2026.