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Le ministère de la Défense britannique prépare un exercice majeur de tir réel conjoint États-Unis–Royaume-Uni, Atlantic Thunder 26, prévu pour mai 2026 sur la zone d’entraînement QinetiQ Hebrides, au large de l’Écosse nord-ouest.

Ce grand entraînement culminera par un SINKEX, un exercice de naufrage au cours duquel les forces navales et aériennes britanniques et américaines frapperont un navire cible.

Un SINKEX est un exercice de tir réel où des forces navales et aériennes engagent un navire désarmé avec de véritables munitions afin de tester des systèmes d’armes et des tactiques en conditions opérationnelles. Dans le cadre d’Atlantic Thunder 26, le ministère de la Défense présente cet exercice conjoint comme une initiative « conçue pour valider les chaînes de destruction en surface (SUW), construire des réseaux de frappe résilients et délivrer un message stratégique par une démonstration cinétique » au large des Hébrides en mai 2026.

Une fois frappé et coulé, l’épave reposera à une profondeur d’environ 1 800 mètres. Des véhicules sous-marins sans équipage (UUV) seront alors déployés pour réaliser une évaluation des dégâts de combat et des relevés du fond marin, combinant ainsi un test de nouvelles technologies et une démonstration pratique de l’interopérabilité entre alliés.

En 2022, la Royal Navy et la marine américaine avaient déjà organisé Atlantic Thunder 22, un rare exercice de tir réel au large des Hébrides, qui s’était achevé par le naufrage de la frégate désaffectée USS Boone. Cette manœuvre avait réuni le HMS Diamond, l’USS Arleigh Burke, des chasseurs RAF Typhoon et des avions de patrouille maritime US Navy P-8 Poseidon dans une frappe coordonnée utilisant plusieurs types d’armements contre la cible.

Cet exercice avait alors été présenté comme le SINKEX multinational le plus complexe jamais réalisé en eaux britanniques, offrant à la fois une démonstration de la puissance alliée et des données essentielles sur l’intégration des chaînes de destruction entre forces britanniques et américaines en conditions réelles.

Selon la demande d’informations (RFI), « AT26 est un exercice multidomaine conjoint États-Unis–Royaume-Uni destiné à valider les chaînes de destruction en surface, construire des réseaux de frappe résilients et délivrer un message stratégique par démonstration cinétique, qui se déroulera au large des Hébrides en Écosse du 11 au 22 mai 2026 ».

La direction développement de la Royal Navy attend des propositions de principe avant le 12 septembre 2025. Un comité interne doit ensuite décider mi-septembre quelles entreprises bénéficieront d’un parrainage national. Les sociétés retenues seront intégrées dans le cycle de planification de la phase d’expérimentation opérationnelle (OpE).

Le ministère précise que cet exercice ne sera pas un simple événement de visibilité mais un environnement de développement visant à résoudre des lacunes capacitaires. « Bien qu’AT26 offre des opportunités de mettre en avant des technologies et les contributions de l’industrie devant un public approprié, il faut comprendre qu’il s’agit d’un exercice de développement. L’objectif principal sera d’accélérer la livraison de capacités en s’attaquant aux obstacles identifiés », indique le document.

Un intérêt particulier est porté aux véhicules sous-marins sans équipage (UUV) capables d’effectuer une évaluation des dégâts de combat en immersion après le strike. Les démonstrations recherchées incluent la numérisation haute résolution à des profondeurs atteignant 1 800 mètres, l’utilisation d’outils de mission autonomes et pilotés par IA, des plateformes à longue endurance et faible signature, ainsi que de nouvelles méthodes de lancement et de récupération. La RFI sollicite également des systèmes de communication innovants adaptés aux environnements à bande passante limitée et des « solutions pour supporter l’intégration système à système, notamment à travers différents domaines de sécurité ».

Le ministère insiste pour que tous les systèmes proposés soient pleinement opérationnels dès le début de l’exercice et intégrés à son architecture de commandement et contrôle. Le parrainage britannique impliquera la participation des partenaires industriels à une série de réunions de planification à distance et de conférences en présentiel, cette contribution régulière constituant une condition obligatoire pour participer.

Sept résultats attendus sont définis, parmi lesquels le développement d’une meilleure compréhension des technologies émergentes, l’alignement des besoins sur les standards de l’industrie, et l’élaboration d’une future stratégie d’acquisition. La RFI ambitionne aussi d’« accélérer les programmes nationaux et bilatéraux de développement des systèmes maritimes sans équipage… favoriser l’interopérabilité et l’interchangeabilité des MUS… et promouvoir l’exploitation opérationnelle des capacités MUS pour combler les lacunes en matière de capacités maritimes ».