Le ministre britannique de la Défense a affirmé que le Royaume-Uni est prêt à intervenir militairement dans la région Indo-Pacifique si nécessaire, marquant ainsi l’un des signaux les plus clairs d’alignement avec ses principaux alliés sur les tensions autour de Taïwan.
Selon The Telegraph, John Healey a tenu ces propos à bord du porte-avions HMS Prince of Wales à Darwin, en Australie, alors que le groupe aéronaval de la Royal Navy dirige la contribution britannique à l’exercice Talisman Sabre 25.
« Si nous devons combattre, comme nous l’avons fait par le passé, l’Australie et le Royaume-Uni sont des nations qui se battent ensemble. Nous nous entraînons ensemble, et en nous entraînant et en étant plus prêts à combattre, nous dissuadons mieux ensemble », a déclaré John Healey.
Bien que formulés de manière générale, ces propos figurent parmi les déclarations publiques les plus franches d’un ministre britannique concernant un éventuel conflit futur impliquant Taïwan.
The Telegraph souligne que la présence de la Royal Navy dans le Pacifique s’inscrit dans un effort plus large de dissuasion contre les actions coercitives de la Chine, qui revendique la souveraineté sur Taïwan. Le président Xi Jinping n’exclut pas le recours à la force pour réunifier l’île au continent.
Le groupe aéronaval britannique, emmené par le HMS Prince of Wales, a quitté Singapour pour se rendre dans le nord de l’Australie avant de poursuivre vers le Japon, avec une présence probable dans la zone proche de Taïwan. L’exercice Talisman Sabre mobilise 35 000 personnels issus de 19 pays, avec une intégration étroite entre les forces britanniques, américaines, japonaises et australiennes. La participation du Royaume-Uni comprend des chasseurs furtifs F-35B, des Royal Marines du 42 Commando et un appui aérien longue portée de la Royal Air Force.
Si le Royaume-Uni n’a pas adopté la politique américaine dite de « stratégie d’ambiguïté », les propos de John Healey montrent à quel point Londres renforce ses engagements dans la région Indo-Pacifique, notamment dans le cadre de sa Revue intégrée de la défense et du partenariat stratégique AUKUS. Le Royaume-Uni maintient actuellement deux patrouilleurs hauturiers déployés en permanence dans la région et a déjà mené des opérations de liberté de navigation dans des eaux contestées.