Le Royaume-Uni intensifie sa posture militaire en Europe en réponse à l’évolution de la stratégie de l’OTAN et aux priorités changeantes des forces américaines dans le monde, a déclaré cette semaine le ministre des Forces armées, Luke Pollard, devant les députés.
Lors de son audition devant la commission de la Défense, Luke Pollard a confirmé que le Royaume-Uni maintiendra sa présence en Estonie dans le cadre d’une approche globale de l’OTAN qui considère désormais la région baltique comme un théâtre d’opérations unifié. Ce changement reflète une évolution plus large, impulsée par les nouveaux plans régionaux de l’Alliance, validés lors du dernier sommet de Washington, qui mettent l’accent sur l’interopérabilité et la dissuasion.
« Le Royaume-Uni maintient et continuera à maintenir notre force terrestre avancée en Estonie, » a affirmé Pollard. « Mais ce que nous observons désormais avec le nouveau plan régional de l’OTAN pour cette zone, c’est un espace de bataille unique… dans lequel les unités opèrent de façon beaucoup plus coordonnée. »
Plutôt que de chercher à réduire ses engagements, le Royaume-Uni vise à maximiser l’efficacité et à s’intégrer davantage avec ses partenaires, dont les membres récents comme la Suède et la Finlande. Pollard a souligné le rôle croissant de la Suède dans la défense aérienne balte ainsi que la nécessité pour les alliés européens d’accroître leurs investissements dans des forces interopérables et déployables.
Il a également précisé que le Plan d’investissement de la Défense, attendu cet automne, sera en ligne avec ces objectifs et rectifiera les déséquilibres passés : « L’ancien plan matériel se concentrait essentiellement sur le matériel et l’équipement sans accorder d’attention à l’infrastructure ni à nos personnels. Le plan d’investissement de la Défense se veut plus global. »
Interrogé sur les conséquences de la révision de la posture des forces américaines, Pollard a insisté sur le fait que les alliés américains ne doivent pas y voir un retrait.
« Ce dont nous avons été rassurés dans nos échanges, c’est que ce n’est pas un retrait, mais une nouvelle répartition des équilibres, » a affirmé le ministre. « Il s’agit d’un partage des charges, pas d’un départ. »
Luke Pollard a souligné que le Royaume-Uni contribue déjà davantage à la préparation opérationnelle de l’OTAN, en rappelant les déploiements récents dans des exercices comme Northern Strike en Finlande et Steadfast Dart en Europe de l’Est. Il a également évoqué l’acquisition d’avions F-35A par le gouvernement comme un levier pour améliorer à la fois la formation des pilotes et la participation britannique à la mission nucléaire de l’OTAN.
« Pour que l’OTAN soit plus forte dans un contexte de menaces accrues, nous devons augmenter notre létalité, » a déclaré Pollard. « Cela implique d’améliorer notre interopérabilité, d’augmenter nos dépenses, la capacité de nos munitions et notre expérience des déploiements conjoints. »
L’Air Vice-Marshal Mark Flewin est venu compléter en indiquant que le processus de planification de la défense au sein de l’OTAN est mature et capable de s’adapter aux futurs changements dans la posture des alliés.
« Si un membre devait modifier sa posture, cela serait examiné puis rééquilibré à travers ce processus, » a-t-il expliqué.