Le ministère britannique de la Défense a confirmé que le Royaume-Uni ne dispose pas encore d’une installation nationale capable de mesurer les caractéristiques furtives de sa flotte de F-35B. La révision du dossier d’affaires pour un site de vérification souverain est désormais reportée à 2027, selon les informations obtenues.
Le député Ben Obese-Jecty a soumis une série de questions écrites concernant le nombre d’appareils britanniques ayant fait l’objet de mesures de signature furtive, les méthodes actuellement employées pour ces contrôles, ainsi que les avancées du projet de la Air Signature Assessment Facility, une installation longtemps envisagée.
Le ministre de la Défense, Luke Pollard, a répondu de manière identique à toutes ces questions, précisant qu’« un dossier révisé pour une installation souveraine de vérification des faibles signatures radar sera présenté en 2027 ». Il a ajouté que le ministère ne commenterait pas les caractéristiques furtives d’avions individuels « pour des raisons opérationnelles évidentes ».
Ces réponses font suite à une précédente analyse du National Audit Office (NAO) qui a souligné que la Air Signature Assessment Facility reste le seul grand projet d’infrastructure pour le F-35 que le Royaume-Uni n’a pas encore concrétisé. Le NAO a expliqué que ce retard était dû à des contraintes budgétaires et que « la livraison ne pourra pas intervenir avant les années 2030, bien qu’une atténuation partielle soit prévue ».
Ces mesures d’atténuation ont été précisées dans un témoignage fourni au comité des comptes publics par David Williams, ancien secrétaire permanent au ministère de la Défense. Il a indiqué que la construction avait été repoussée en 2021 pour éviter une dépense de 82 millions de livres sterling au cours de cette période de révision budgétaire.
Le coût initial estimé de l’installation était de 151 millions de livres, avec une livraison désormais envisagée autour de 2032. David Williams a ajouté que le ministère étudie la possibilité d’une méthode de vérification moins coûteuse et qu’« en guise d’atténuation partielle, le Royaume-Uni enverra certains appareils pour des tests de vérification en Italie ».