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Le Royaume-Uni renforcera sa sécurité spatiale avec un nouveau radar capable de détecter, suivre et identifier les objets en espace lointain, jusqu’à 36 000 kilomètres de distance.

Le programme Deep Space Advanced Radar Capability (DARC), lancé conjointement par les ministres de la Défense d’Australie, du Royaume-Uni et des États-Unis, offrira une surveillance 24h/24 et par tous les temps. Ce dispositif améliorera la capacité des nations AUKUS à caractériser les objets situés en espace lointain, jusqu’à 22 000 miles (36 000 kilomètres) de la Terre.

DARC reposera sur un réseau mondial de trois radars terrestres, exploités en collaboration, visant à renforcer la gestion critique du trafic spatial et à contribuer à la surveillance globale des satellites en orbite lointaine. La position géographique complémentaire des trois pays permettra au système d’assurer une couverture globale, incluant la détection de menaces potentielles pesant sur les systèmes spatiaux civils ou militaires.

Face à la montée des risques liés aux conflits dans l’espace, cette technologie majeure bénéficiera simultanément aux forces terrestres, aériennes et navales des trois nations, tout en protégeant des infrastructures critiques et en soutenant les secteurs nationaux de la construction et de l’industrie spatiale.

Le secrétaire britannique à la Défense, Grant Shapps, a déclaré :

« À mesure que le monde devient plus contesté et que le risque de conflits spatiaux augmente, le Royaume-Uni et ses alliés doivent disposer de capacités avancées pour assurer la sécurité de leurs nations. L’annonce aujourd’hui du réseau mondial de radars DARC, implanté au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Australie, répond exactement à cet enjeu. Ce dispositif permettra au Royaume-Uni de détecter, suivre et identifier les objets en espace lointain. »

Le site préféré pour l’implantation de DARC au Royaume-Uni a été identifié à Cawdor Barracks, au Pays de Galles (Pembrokeshire). Ce choix reste soumis aux résultats d’une évaluation environnementale approfondie financée par le ministère de la Défense, ainsi qu’à une demande ultérieure de permis d’urbanisme.

Cawdor Barracks accueille actuellement un régiment britannique de transmissions, qui devrait être déplacé à partir de 2028. Le maintien de la base par le ministère de la Défense pour le projet DARC pourrait dynamiser l’économie locale en créant des emplois durant la phase de construction, puis jusqu’à 100 postes à plus long terme.

Au-delà des bénéfices purement militaires, DARC offrira la capacité de surveiller et de protéger des services essentiels reposant sur les satellites, tels que les communications et la navigation. Ce dispositif jouera un rôle crucial dans la préservation de la paix et la dissuasion des conflits dans la région indo-pacifique et à l’échelle mondiale.

Les nouveaux radars DARC disposeront d’une sensibilité accrue, d’une meilleure précision, d’une capacité renforcée et d’un suivi plus agile que les radars et systèmes optiques actuellement utilisés pour observer les objets en orbite lointaine. Cette avancée permettra une surveillance globale améliorée, indépendante des contraintes météorologiques et de luminosité qui limitent les systèmes actuels.

Le programme DARC fait suite à la signature d’un protocole d’entente en septembre 2023. Il contribuera à renforcer la connaissance collective du domaine spatial, un objectif clé de la stratégie spatiale de défense britannique publiée l’année dernière. Le partenariat AUKUS, qui réunit l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis, vise à soutenir un Indo-Pacifique libre et ouvert en consolidant la sécurité régionale et mondiale. Le développement de DARC représente une étape majeure dans l’amélioration des capacités de défense partagées entre ces nations partenaires.

Le premier site radar DARC, en cours de construction en Australie, devrait être opérationnel dès 2026. Les trois installations devraient quant à elles être pleinement fonctionnelles avant la fin de la décennie.