Le ministère de la Défense britannique a confirmé le succès des essais de ballons stratosphériques capables de réaliser des missions de renseignement, surveillance et reconnaissance (ISR) depuis la haute atmosphère.

Ces tests, menés plus tôt cette année dans le Dakota du Sud dans le cadre du Projet AETHER, représentent une avancée majeure dans le développement de plateformes de surveillance et de communication à faible coût et à longue autonomie pour la Défense britannique.

Les ballons sans pilote ont évolué en constellation coordonnée à des altitudes comprises entre 18 000 et 24 000 mètres, bien au-dessus du trafic aérien conventionnel et des aéronefs militaires. Chaque ballon-test transportait une charge utile ISR d’environ 3 kg et pouvait rester en vol plus de cinq jours. Cette constellation a assuré une couverture quasi continue durant près d’un mois, dépassant largement l’endurance des plateformes individuelles.

Selon le ministère, ce système peut être lancé et supervisé par un seul opérateur, même par conditions météorologiques défavorables, offrant ainsi une grande flexibilité opérationnelle. Au-delà des missions ISR, ces ballons pourraient à l’avenir soutenir des communications en cas de catastrophe, couvrir des zones isolées, voire collecter des données climatiques et météorologiques.

Maria Eagle, ministre chargée des marchés de la Défense, a souligné que ces essais démontraient comment les systèmes stratosphériques pouvaient renforcer à la fois la connaissance de la situation et la résilience au cours de missions variées. « Cette innovation vise à donner à nos forces armées un avantage – une meilleure connaissance, des communications optimisées, et des besoins de maintenance réduits – en soutenant le Plan pour le Changement du gouvernement », a-t-elle déclaré. « La technologie stratosphérique comme celle-ci pourrait transformer nos modes d’opération dans des environnements complexes. »

Cette technologie développée au Royaume-Uni a été conçue par Voltitude, en partenariat avec Landguard Systems (UK) et Aerostar (États-Unis), avec le soutien de Defence Equipment and Support (DE&S). James Gavin, responsable de l’équipe d’innovation Prove and Exploit chez DE&S, a indiqué que ces essais témoignaient de l’intérêt d’un engagement précoce avec les technologies avancées. « Ces derniers essais ont été extrêmement fructueux et ouvrent la voie à une coopération renforcée avec nos alliés », a-t-il ajouté.

Si les systèmes actuels transportent des charges ISR modestes, le ministère de la Défense étudie désormais des plateformes plus grandes, capables de supporter des missions de six à douze mois avec des capteurs plus lourds. Le département considère les véhicules stratosphériques comme un complément, voire une alternative potentielle, aux dispositifs de surveillance spatiaux ou habités, souvent plus coûteux.