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Le Royaume-Uni entend renforcer sa base industrielle de défense et se préparer à un conflit de haute intensité en augmentant sa capacité de production et en réduisant sa dépendance aux chaînes d’approvisionnement étrangères.

Dans une réponse écrite, le ministre de la Défense, Luke Pollard, a affirmé que la Revue stratégique de défense impose au Royaume-Uni « de passer en état de préparation au combat », ce qui implique « d’augmenter la production industrielle et la capacité ainsi que d’accroître la résilience ». Selon lui, la Stratégie d’investissement de la défense détaille comment le ministère des Armées compte mettre en œuvre ces changements.

Pollard a précisé que le ministère cherche à rendre les processus d’acquisition « plus résilients, innovants et agiles ». Il a également mis en avant les nouvelles initiatives lancées dans le cadre de la Revue stratégique de défense et de la Stratégie industrielle de défense, visant à tester et à éprouver les chaînes d’approvisionnement. Parmi ces mesures figure « une capacité collaborative de wargaming axée sur la résilience des chaînes d’approvisionnement », destinée à identifier les vulnérabilités avant toute crise.

Le ministre a ajouté que des travaux sont en cours pour la « planification des capacités de pointe » ainsi que pour l’investissement dans la production nationale au Royaume-Uni. Il a aussi évoqué des initiatives d’économie circulaire visant à garantir l’accès aux matières premières critiques et à soutenir « l’accélération rapide de la production en temps de conflit ».

Hier, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a averti que l’Alliance n’en est qu’au début d’un long processus de reconstruction de la préparation militaire. Lors d’un point presse avant la réunion des ministres des Affaires étrangères prévue cette semaine, il a insisté sur la nécessité pour les Alliés de maintenir l’élan en matière de dissuasion, de production industrielle et de soutien à l’Ukraine.

Lors d’une conférence de presse ministérielle à Bruxelles, Rutte a indiqué que les ministres feront le point sur les progrès depuis l’accord des dirigeants à La Haye, qui prévoit de consacrer 5 % du PIB à la défense, dont 3,5 % au développement des capacités militaires principales. Il a qualifié cet engagement d’« un virage stratégique majeur » : « Cet engagement à investir davantage dans notre sécurité marque une étape importante qui reconnaît notre nouvelle réalité. Mais ce n’est que le début d’un long chemin, et nous ne pouvons pas nous permettre la complaisance. »

Rutte a souligné que l’augmentation des budgets de défense n’aura d’effet que si l’industrie est en mesure de répondre à la demande. « Accroître nos investissements ne sera vraiment efficace que si l’offre suit la demande, c’est pourquoi nous renforçons rapidement la capacité de production », a-t-il expliqué, insistant sur l’importance d’une coopération plus étroite avec l’industrie des deux côtés de l’Atlantique.

Au cœur des discussions à venir figurera l’Ukraine, avec une réunion du Conseil OTAN-Ukraine qui rassemblera notamment le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha et la haute représentante de l’UE Kaja Kallas. Rutte a réaffirmé l’objectif des Alliés de parvenir à une paix juste et durable. Il a également condamné l’intensification par la Russie des frappes contre les infrastructures civiles à l’approche de l’hiver : « La Russie cible systématiquement les infrastructures civiles, privant les Ukrainiens de chauffage et d’électricité. »

Il a souligné le rôle des États qui appuient Moscou : « La Russie n’est pas seule dans cette guerre, car la Chine continue d’en être un soutien décisif, tandis que l’Iran et la Corée du Nord fournissent également leur appui. »

Enfin, Rutte a rappelé que les Alliés européens et canadiens ont fourni plusieurs milliards d’équipements via le mécanisme PURL ces derniers mois, indiquant que de nouvelles annonces sont à prévoir. Il a conclu en appelant à maintenir la pression collective : « Les Alliés ont déjà démontré leur volonté et leur capacité à travailler ensemble pour relever efficacement les défis, assurant la sécurité d’un milliard de personnes aujourd’hui et dans l’avenir. »